Réponse :
Dans le monde juif contemporain, le fait que les hommes se couvrent la tête est considéré comme un symbole visible de piété et comme un signe d’identification juive. C’était, à l’origine, une coutume, et c’est devenu une pratique normative dans les synagogues et les « minyanim » dans une grande partie du monde juif. Cela est certainement vrai pour le mouvement Massorti. Cependant, les pratiques en matière de couvre-chef pour les femmes et les jeunes filles dans les synagogues et les « minyanim » Massorti varient. Certaines femmes ne portent aucun couvre-chef, d’autres portent une kippa, d’autres un chapeau, et d’autres encore un foulard ou un bandeau. Ces variations dans le port du couvre-chef féminin soulèvent des questions sur l’autorité de la pratique vécue, tant historique que contemporaine, sur l’autorité de notre tradition textuelle, ainsi que sur l’étendue et les limites de l’égalitarisme. Pour certaines femmes, la décision de se couvrir la tête repose sur le raisonnement suivant : le couvre-chef, bien que non obligatoire pour les hommes, est depuis longtemps considéré comme une coutume juive si forte qu’il est devenu obligatoire. Même s’il est traditionnellement porté par les hommes, le couvre-chef n’est pas intrinsèquement masculin. 1
Ainsi, l’égalitarisme suggérerait que les femmes se considèrent également comme faisant partie de cette coutume et se couvrent la tête de la même manière.
Pour d’autres femmes, la décision repose sur un raisonnement différent : le couvre-chef, symbole de piété et d’identité juive, a toujours été une pratique masculine. Le couvre-chef des femmes est trop facilement associé (même à tort) au fait que les femmes se couvrent les cheveux après le mariage. Dans cette optique, le couvre-chef ne doit pas être confondu avec le fait de se couvrir les cheveux pour des raisons de pudeur. 2
En outre, les problèmes liés à une pratique non égalitaire ne peuvent pas tous être résolus par un modèle qui présuppose que les hommes sont la norme et exige des femmes qu’elles imitent leurs pratiques.
Comme il n’existe pas de tradition féminine décisive en matière de couvre-chef et que l’absence de couvre-chef n’a aucune conséquence rituelle, la norme masculine ne doit pas nécessairement s’appliquer.
En effet, contrairement au « tallit » et aux « tefillins », qui sont tous deux classés comme des commandements liés au temps (מצות עשה שהזמן גרמה), il n’existe aucun commandement spécifique imposant de se couvrir la tête. Par conséquent, une femme qui croit fermement à l’obligation pour les hommes et les femmes de respecter les « mitsvot » du « tallit » et des « tefillins » 3 peut choisir d’adopter une position différente en ce qui concerne le couvre-chef. 4 Reconnaissant l’intégrité de ces deux positions et l’engagement en faveur de la pratique égalitaire que chacune reflète, cette «Techouva» tracera une voie halakhique pour les femmes et les jeunes filles qui décident de se couvrir ou non la tête à la synagogue, ainsi que pour les communautés qui envisagent une politique communautaire en matière de couvre-chef.
Le couvre-chef comme vêtement féminin
À l’époque talmudique, les femmes se couvraient généralement la tête. En effet, le couvre-chef semble avoir été une pratique courante chez les femmes adultes et non chez les hommes adultes.
- Nedarim 3:8 stipule que celui qui fait le vœu de ne pas tirer profit d’une personne « à la tête noire » (שחורי ראש) est autorisé à fréquenter les femmes et les mineurs, car seuls les hommes sont appelés « à tête noire ». Commentant cette « michna », le Talmud de Babylone déclare :
מ »ט?אנשים זימנין דמיכסו רישייהו וזימנין דמגלו רישייהו.אבל נשים לעולם מיכסו וקטנים לעולם מיגלו.
Quelle est la raison [pour laquelle la michna ne qualifie que les hommes de « à tête noire» et pas les femmes] ? Parce que les hommes couvrent parfois leur tête et parfois la découvrent. Mais les femmes couvrent toujours [leur tête] et les mineurs la découvrent toujours [leur tête]. (B. Nedarim 30b)
- Nedarim 30b décrit le port constant d’un couvre-chef comme une pratique féminine. Il associe le port du couvre-chef chez les femmes à l’âge et non au statut marital. Les mineurs, vraisemblablement garçons et filles, ne se couvrent jamais la tête ; les femmes adultes le font. En effet, le port du couvre-chef chez les femmes adultes s’étend même jusqu’à un âge avancé. 5 Les femmes sont représentées portant divers objets sur la tête, 6 dont l’un est appelé kippa :
לוקחין מן הנשים כלי צמר ביהודה ואין לוקחין פירות יינות שמנים וסלתות לא מן הנשים ולא מן העבדים ולא מן הקטנים אבא שאול או’ לוקחין מן האישה בחמשה דינרין כדי שתקח בהן כפה לראשה
“On peut acheter aux femmes des vêtements en laine en Judée. Mais on ne peut pas acheter des fruits, du vin, de l’huile ou de la farine, ni aux femmes, ni aux esclaves, ni aux mineurs. Abba Shaul dit : on peut acheter [des fruits, du vin, de l’huile et de la farine] à une femme pour cinq dinars afin qu’elle puisse acheter une « kippa » pour sa tête avec cet argent ». 7
Bien que la Tossefta (et son parallèle dans le Talmud de Babylone) ne nous dise pas à quoi ressemblait ce couvre-chef, 8 quand les femmes pouvaient le porter, ni même pourquoi il est appelé « kippa », le passage dépeint néanmoins cette kippa comme un vêtement suffisamment important pour qu’au moins un sage (Abba Shaul) autorise un achat autrement interdit. Comme B. Nedarim 30b, la Tossefta n’associe pas la « kippa », au statut marital et à la modestie, ni ne la relie à des pratiques rituelles particulières. Elle semble simplement être un élément essentiel de la tenue vestimentaire des femmes. M. Ketoubot 5:8 confirme également que la « kippa », est un vêtement important pour les femmes :
ונותן לה מטה מפץ ומחצלת ונותן לה כפה לראשה וחגור למתניה ומנעלים ממועד למועד וכלים של חמשים זוז משנה לשנה ואין נותנין לה לא חדשים בימות החמה ולא שחקים בימות הגשמים אלא נותן לה כלים של חמשים זוז בימות הגשמים והיא מתכסה בבלאותיהן בימות החמה והשחק שלה
Et il [son mari] lui donne un lit, une natte de roseaux et une couverture. Et il lui donne une « kippa », pour sa tête, une ceinture pour ses reins, des chaussures [qui dureront] d’une fête à l’autre, et des vêtements d’une valeur de cinquante « zouzim » [qui dureront] d’une année à l’autre. Et il ne lui donne pas de vêtements neufs pendant la saison sèche ni de vêtements usés pour la saison des pluies. Il lui donne plutôt des vêtements d’une valeur de cinquante « zouzim » pendant la saison des pluies et elle s’habille avec des vêtements usés pendant la saison sèche, et les vêtements usés [plus anciens] lui appartiennent. 9
En exigeant des maris qu’ils fournissent une « kippa », à leurs femmes, la michna définit les « kippot » comme des éléments essentiels de la tenue vestimentaire des femmes, c’est-à-dire une partie de ce que les femmes portent habituellement.
Ces passages ne confèrent toutefois aucune signification rituelle à cette « kippa ».
Les femmes, le couvre-chef et la piété
Parfois, le Talmud établit un lien entre le couvre-chef des femmes et les rituels religieux et les comportements éthiques corrects. Cependant, lorsqu’il le fait, il associe souvent le couvre-chef des femmes à la facilitation de la pratique rituelle et du comportement éthique des hommes :
שאלו תלמידיו את רבי זכאי: במה הארכת ימים? אמר להם: מימי לא השתנתי מים בתוך ארבע אמות של תפלה, ולא כניתי שם לחבירי, ולא ביטלתי קידוש היום. אמא זקינה היתה לי, פעם אחת מכרה כפה שבראשה והביאה לי קידוש היןם.
Les élèves de Rabbi Zakkai lui demandèrent : « Pour quelle raison as-tu mérité une longue vie ? » Il leur répondit : « De toute ma vie, je n’ai pas uriné à moins de quatre coudées de la « tefila », je n’ai pas donné de surnom à mes compagnons et je n’ai pas négligé la sanctification du jour (« kiddouch » pendant le jour du chabbat). J’avais une mère âgée qui, un jour, a vendu la « kippa », 10 qu’elle portait sur la tête et m’a apporté la sanctification du jour [du vin]. » (B. Meguila 27b).
La mère de Rabbi Zakkai exprime sa piété en vendant son couvre-chef pour acheter du vin pour que son fils puisse réciter le « kiddouch » du chabbat. À son tour, la mère de Rav Nahman b. Isaac ordonne à son fils de se couvrir la tête de peur qu’il ne devienne un voleur :
ומדר »נ בר יצחק נמי אין מזל לישראל דאימיה דר »נ בר יצחק אמרי לה כלדאי בריך גנבא הוה לא שבקתיה גלויי רישיה אמרה ליה כסי רישיך כי היכי דתיהוו עלך אימתא דשמיא ובעי רחמי לא הוה ידע אמאי קאמרה ליה יומא חד יתיב קא גריס תותי דיקלא נפל גלימא מעילויה רישיה דלי עיניה חזה לדיקלא אלמיה יצירה סליק פסקיה לקיבורא בשיניה.
Et nous apprenons de R. Nahman b. Isaac qu’Israël n’est pas soumis à l’influence des planètes. Car la mère de R. Nahman b. Isaac et quelques Chaldéens lui dirent : « ton fils sera un voleur. » Elle ne l’autorisa pas à être tête nue. Elle lui dit : « Couvre ta tête afin que la crainte de Dieu soit sur toi et prie pour obtenir miséricorde. » Il n’a pas compris pourquoi elle lui disait ça. Un jour, il était assis sous un palmier et il étudiait. La cape qui lui couvrait la tête tomba. Il leva les yeux et vit le palmier. Il céda à son impulsion et coupa une branche portant des dattes avec ses dents. B. Chabbat 156
Le fait d’avoir la tête couverte protégeait R. Nahmann contre un comportement inadéquat. Le fait d’être nu-tête conduit à devenir un voleur. Les histoires décrivent les femmes utilisant le fait d’avoir la tête couverte pour encourager chez les autres un comportement conforme à l’éthique, soit en se découvrant, soit en encourageant leurs fils à se couvrir
En effet, le couvre-chef des hommes est décrit comme une expression de la présence terrestre de Dieu:
אמר רבי יהושע בן לוי אסור לאדם שיהלך ארבע אמות בקומה זקופה שנא’ מלא כל הארץ כבודו רב הונא בריה דרב יהושע לא מסגי ארבע אמות בגילוי הראש אמר שכינה למעלה מראשי.
Rabbi Yehchoua ben Levi a dit : Il est interdit à une personne de marcher quatre coudées en se tenant droit. Comme il est dit : « La terre est remplie de Sa gloire (« kevodo ») (Isaïe 6:3). Rav Houna, le fils de Rav Yehochoua, n’aurait pas marché quatre coudées sans se couvrir la tête. Il disait : « La « chekhina » est au-dessus de ma tête. » (B. Kidouchin 31a).
Dans une interprétation anthropomorphique, Rabbi Yehochoua ben Levi interdit de marcher en position droite de peur de rencontrer accidentellement le « kavod » de Dieu, la présence divine qui règne sur la terre. 12 Rav Houna, quant à lui, résout ce problème de rencontre potentielle avec le Divin en ne marchant pas plus de quelques pas sans se couvrir la tête. 13
Le Talmud de Babylone lie également le fait de se couvrir la tête pour les hommes à des rituels spécifiques. La récitation du « birkat ha-mazon » (bénédiction après le repas) sur une coupe de vin nécessite de s’envelopper (עיטוף), ce que Rav Asi accomplit en étendant un foulard sur sa tête. 14 En étendant un foulard sur sa tête dans le cadre de sa routine matinale, un homme récite « béni soit Celui qui couronne Israël de gloire » 15
En revanche, le couvre-chef des femmes est représenté de manière moins généreuse :
מפני מה האיש יוצא וראשו מגולה והאישה יוצאה וראשה מכוסה, אמר להם לאחד שעבר עבירה והוא מתבייש מבני אדם לפיכך היא יוצאה מכוסה
Pourquoi un homme sort-il la tête découverte et une femme sort-elle la tête couverte ? Il leur dit : « [Cela peut être comparé] à celui qui commet une transgression et a honte devant les gens. Ainsi sort-elle la tête couverte (Genesis Rabba 17)
Le couvre-chef des femmes s’inspire d’Ève. Ève a péché, a eu honte et a donc couvert sa tête ; de la même manière, les femmes contemporaines sont censées se couvrir la tête par honte.
En résumé, les textes talmudiques associent le couvre-chef aux femmes adultes et le considèrent comme un élément central de leur tenue vestimentaire. Les femmes peuvent découvrir leur tête pour permettre aux hommes d’exprimer leur piété ou pour encourager les hommes à se couvrir la tête afin de les inciter à adopter un comportement éthique. Les hommes, cependant, se couvrent la tête en reconnaissance de la présence de Dieu et dans l’accomplissement d’un ensemble limité de rituels spécifiques. Pour les femmes, le couvre-chef fait simplement partie de la tenue vestimentaire habituelle.
Le couvre-chef et la prière
Étant donné que les textes talmudiques décrivent les femmes adultes comme portant un couvre-chef, une approche consisterait à étendre cette coutume à la pratique contemporaine des femmes et à lui conférer la signification et les exigences que la littérature halakhique ultérieure attribue au couvre-chef masculin. Cependant, comme le port systématique du couvre-chef n’est pas la norme pour la plupart des femmes juives nord-américaines contemporaines, cette approche nécessiterait un changement notable dans l’habillement. En outre, comme la plupart de ces textes, mais pas tous, présupposent un public spécifiquement masculin et une direction masculine des rituels publics, la transposition des pratiques féminines aux pratiques masculines ne devrait pas être acceptée comme une évidence. Bien que nous fonctionnions sur la base d’une hypothèse d’égalitarisme, ces textes – et notre société contemporaine – sont profondément genrés. Nous ne pouvons donc pas ignorer le genre en tant que catégorie. De plus, comme la littérature halakhique accorde du crédit à l’autorité textuelle et aux pratiques coutumières, nous devrions en faire autant.
Bien que les textes talmudiques traitent en grande partie de cas individuels de couverture de la tête, la discussion sur la couverture de la tête dans la littérature halakhique ultérieure s’articule autour de trois axes généraux : l’honneur de la congrégation (כבוד הציבור), les expressions de piété (יראת שמים) et les expressions de la spécificité juive. Le traité géonique Soferim 14:15 devient l’un des textes clés sur le couvre-chef pour la direction de la prière :
קטן קורא בתורה ומתרגם אבל אינו פורס את שמע לומר יוצר אור ואינו עובר לפני התיבה ואינו נושא את כפיו פוחח הנראים כרעיו או בגדיו ערומי’או מי שראשו מגולה פורס את שמע ויש אומרי’ בכרעיו ובגדיו פרומים פורס אבל בראשו מגולה אינו רשאי להוציא הזכר’ מפיו . בין כך ובין כך מתרגם אבל אינו קורא בתורה ואינו עובר לפני התיבה ואינו נושא את כפיו :
Un mineur lit la Torah et traduit, mais il ne dirige pas le « chema » afin de dire [la prière] « yotzer or » ; et il ne passe pas devant l’arche [en tant que chef de prière] et il ne lève pas les mains [pour la bénédiction sacerdotale]. Celui qui a des trous dans ses vêtements, dont les genoux sont visibles ou dont les vêtements sont déchirés ou celui dont la tête est découverte dirige le « chema ». 16 Et il y a ceux qui disent que, avec ses genoux [visibles] et ses vêtements déchirés, il dirige le « chema », mais avec la tête découverte, il lui est interdit de prononcer le nom de Dieu. Dans les deux cas [avec la tête couverte ou découverte], il peut traduire [pendant la lecture de la Torah], mais [la tête découverte] il ne lit pas la Torah et il ne passe pas devant l’arche [en tant que chef de prière] et il ne lève pas les mains [dans la bénédiction sacerdotale]. 17
Ce passage fournit deux règles différentes sur l’autorisation de diriger le « chema » la tête découverte : la première règle autorise la direction du « chema » la tête découverte et la seconde l’interdit. Cependant, tous s’accordent à dire qu’une personne doit avoir la tête couverte lorsqu’elle lit la Torah, dirige la prière ou récite la bénédiction sacerdotale. Qu’est-ce qui explique cette différence entre la position qui autorise la direction du « chema » avec la tête découverte et celle qui l’interdit pour la lecture de la Torah, la direction de la prière et la récitation de la bénédiction sacerdotale ? Le rabbin David Frankel soutient que la personne qui dirigeait le « chema » le faisait discrètement depuis sa place. 18 En revanche, le lecteur de la Torah, le dirigeant de la prière et le prêtre récitant la bénédiction sacerdotale se tenaient officiellement devant toute la congrégation. L’interdiction de se découvrir la tête pour ces trois dernières activités rituelles découle du « kavod ha-tzibbour », le souci de l’honneur de la congrégation. Étant donné que la récitation du « chema » n’implique pas le « kavod ha-tzibbour », il n’est pas nécessaire de se couvrir la tête. L’interdiction de réciter le nom de Dieu à tête nue ne concerne que la position alternative concernant le « chema » (« et il y a ceux qui disent »). Il est toutefois intéressant de noter que, puisque de nos jours le chef de la prière récite le « chema » de manière solennelle devant l’assemblée, nous devrions suivre la position alternative et exiger que la tête soit couverte pour diriger le « chema ».
Ce passage du traité Soferim traite des personnes impliquées dans la direction du rituel synagogal. Il ne traite pas de la question de savoir si l’interdiction de réciter le nom de Dieu avec la tête découverte s’étend à tous les membres de la congrégation. Il ne mentionne pas non plus explicitement les femmes, bien que, comme on peut supposer que seuls les hommes dirigeaient ces rituels, on peut interpréter sa discussion sur le couvre-chef comme limitée aux hommes.
Or Zaroua extrapole toutefois de la discussion du traité Soferim sur le couvre-chef masculin pendant la prière à celui des femmes pendant la prière. Après avoir statué qu’un mineur doit se couvrir la tête lorsqu’il lit la Torah, Or Zaroua poursuit :
וכן מצאתי אני המחבר בויקרא רבה פ’ וזאת תהי תורת המצורע בסופה[בפסוק]ראשו כתם פז שדורש בעצלתים ימך המקרה ע »י שהאדם הזה מתעצל מלכסות את ראשו כראוי ימך המקרה הרי הוא נעשה(רומי נזקים[ )דאומטיקום]ובשפלות ידים ידלוף הבית ע« י שהאדם הזה משתפל מלכסות גופו כראוי ידלוף הבית יעלה גופו חטטין.הא למדת שצריך אדם לכסות כל גופו.ואין להעמיד טענה זו באשה דלאח »כ מסיק התם ר’כהן פתר קרייא באשה מכלל דעד הנה באדם זכר קא מיירי.
Et ainsi j’ai trouvé, moi l’auteur, dans le Lévitique Rabba, la partie « Et ceci est la loi du « metzora » (Lévitique 14:2) à la fin du verset « Sa tête est d’or pur » (Cantique des Cantiques 5:11), qui explique [le verset] « Par la paresse, le plafond s’affaisse, par des mains paresseuses, la maison s’écroule » (Kohelet 10:18) comme suit : parce que cet homme était trop paresseux pour se couvrir la tête de manière convenable, « le plafond s’affaisse » – voici qu’il sera affligé de rhumatismes. « Par des mains paresseuses, la maison s’effondre » : parce que cet homme était trop paresseux pour couvrir 19 son corps de manière convenable, « la maison s’effondre » — son corps sera couvert de plaies. De cela, vous apprenez qu’un homme doit couvrir tout son corps. Mais on n’applique pas cette condition à une femme. Car après cette [interprétation, le midrach] conclut ainsi: Rabbi Cohen a interprété le [même] verset en ce qui concerne une femme. Il s’ensuit implicitement que jusqu’ici, nous parlons d’un homme. (Or Zaroua Hilkhot chabbat 2 :43)
Or Zaroua interprète l’interprétation de Leviticus Rabba de Kohelet 10:18 dans le contexte du comportement correct pendant la prière. Les afflictions corporelles que sont les rhumatismes et les plaies ne sont pas le résultat d’une tenue vestimentaire inappropriée en général, mais d’une tenue vestimentaire inappropriée spécifiquement pendant la prière. Contrairement à sa réinterprétation du Lévitique Rabba concernant la prière masculine, Or Zaroua conserve l’interprétation du Lévitique Rabbah de Kohelet 10:18 comme se référant à une femme, comme cela apparaît dans le midrach original : Kohelet 10:18 décrit une femme qui, soit est nue de façon inappropriée, soit ne s’inspecte pas correctement pendant ses règles (interprétation du rabbin Cohen). Ses troubles physiques ne sont pas causés par un comportement inapproprié pendant la prière. Les hommes doivent se couvrir la tête pour prier et lorsqu’ils lisent la Torah ; les femmes n’ont pas besoin de le faire, dans aucun des deux cas. 20 Rabbi Moïse Isserles, quant à lui, étend l’exigence de Soferim concernant le couvre-chef lors de la lecture de la Torah aux femmes :
הכל עולים למנין שבעה, אפילו אשה וקטן שיודע למי מברכין, אבל אמרו חכמים: אישה לא תקרא בצבור מפני כבוד הצבור. הגה…:ואסור לקרות בראש מגולה.
Tous comptent pour le nombre de sept [pour la lecture de la Tora le chabbat], même une femme et un mineur qui comprend pour qui on bénit. Mais les sages ont dit : Une femme ne doit pas lire publiquement la Tora en raison du respect dû à la congrégation. 21
Commentaire [d’Isserles] : … Et il est interdit de lire [la Tora] avec la tête découverte. (Choulhan Aroukh Orah Hayyim 282:3)
Comme Isserles étend la possibilité pour une femme d’être l’une des sept personnes autorisées à lire la Tora le jour du chabbat (même s’il assortit ensuite cette autorisation de conditions) et, contrairement à Or Zaroua, ne précise pas de différence entre les vêtements masculins et féminins, il s’ensuit que si une femme fait partie des sept personnes autorisées à lire la Tora, elle doit elle aussi se couvrir la tête. On pourrait également étendre le commentaire d’Isserles pour affirmer que, tout comme le fait de lire la Tora est une question de « kavod ha-tzibbour », ce que l’on porte doit également refléter le « kavod ha-tzibbour ». 22
Jusqu’à présent, la discussion a principalement porté sur le leadership rituel public. Qu’en est-il de la prière individuelle ? En détaillant les vêtements qu’une personne doit porter pour réciter la Amida, Rambam prescrit un couvre-chef. Bien que Rambam ne pense probablement pas aux femmes lorsqu’il évoque la préparation à la récitation de la amida, 23 il est plausible d’interpréter ses mots de manière plus inclusive, comme s’appliquant à toute personne qui récite la Amida :
תקון המלבושים כיצד מתקן מלבושיו תחלה ומציין עצמו ומהדר שנאמר השתחוו לה’ בהדרת קדש ולא יעמוד בתפלה באפונדתו ולא בראש מגולה ולא ברגלים מגולות אם דרך אנשי המקום שלא יעמדו בפני הגדולים אלא בבתי הרגלים
Comment doit-on préparer ses vêtements [pour la prière] ? Il prépare d’abord ses vêtements, puis il se pare et se glorifie, comme il est dit : « Inclinez-vous devant le Seigneur, glorieux dans sa sainteté » (Psaumes 29 :2). Et on ne peut pas se tenir debout en prière en chemise, ni tête nue, ni pieds nus si la coutume de cet endroit est de ne pas se tenir [pieds nus] devant les nobles mais de porter des chaussures. (Michne Tora, Lois de la prière 5:5)
Si l’on comprend ce texte comme s’appliquant autant aux femmes qu’aux hommes, les uns et les autres doivent se couvrir la tête lorsqu’ils récitent la « amida ». 24 Notez toutefois que la règle de Rambam ne s’applique qu’à la « amida », . Il n’étend pas cette exigence à la récitation du « chema », à la lecture de la Tora ou à la prononciation des bénédictions. 25 Si les descriptions des vêtements masculins dans la législation de Karo sur la prière 26 me conduisent à penser que Karo ne considère que les hommes, comme Rambam, nous pouvons également étendre les règles de Karo aux femmes, c’est-à-dire à toute personne qui prie :
לא יעמוד באפונדתו ולא בראש מגולה ולא ברגלים מגולים, אם דרך אנשי המקום שלא יעמדו לפני הגדולים אלא בבתי רגלים.
Une personne ne doit pas se tenir debout [pour réciter la « amida », ] avec son sac d’argent, la tête découverte ou les pieds nus si la coutume des gens de l’endroit est de se tenir debout devant les personnes importantes en portant des chaussures. (Choulhan Aroukh, Orah Hayyim 91:5)
Comme Rambam, Karo exige que la tête soit couverte pour réciter la « amida », et non pour réciter d’autres bénédictions. Il conserve la position alternative du traité Soferim comme alternative et non comme une exigence absolue :
יש אומרים שאסור להוציא אזכרה מפיו בראש מגולה, ו י« א שיש למחות שלא ליכנס בבהכ״נ בגלוי הראש.
Il y a ceux qui disent qu’il est interdit de prononcer le nom de Dieu avec la tête découverte.
Et il y a ceux qui disent qu’on ne doit pas entrer dans une synagogue avec la tête découverte. (Choulhan Aroukh, Orah Hayyim 91:3)
Une lecture inclusive du Rambam et du Karo conduit à la conclusion que les hommes et les femmes doivent se couvrir la tête lorsqu’ils récitent la « amida » ; dans les autres moments de prière individuelle — et a fortiori pendant les activités quotidiennes — le port d’un couvre-chef n’est pas obligatoire.
Malgré ces sources textuelles, de nombreux hommes juifs portent aujourd’hui un couvre-chef en tout temps, qu’ils soient engagés dans des activités plus banales ou dans des activités rituelles. La pratique pieuse de Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, qui consistait à ne pas marcher quatre coudées avec la tête découverte, est devenue une pratique normative, un signe non seulement — ou peut-être pas même principalement — de piété, mais aussi d’identité masculine juive. Cette idée que le couvre-chef marque l’identité masculine juive se retrouve dans la décision du Taz :
ונ”ל שיש איסור גמור מטעם אחר דהיינו כיון שחק הוא עכשיו בין הנכרי’ שעושין כן תמיד תקיף שיושבין פורקין מעליהם הכובע ואם כן זה נכלל בכלל ובחוקותיהם לא תלכו כל שכן בחוק זה שיש לו טעם דכיסוי הראש מורה על יראת שמים כההיא דסוף מסכת שבת….
Et il me semble qu’il existe une interdiction stricte [concernant le fait de se découvrir la tête] pour une autre raison, à savoir que c’est une loi désormais chez les Chrétiens de retirer leur chapeau dès qu’ils s’assoient. Et si tel est le cas, cela est inclus dans la règle :
« Et ne suivez pas leurs coutumes » (Lévitique 18:3). Cela est d’autant plus vrai dans cette règle qui a une raison d’être, car se couvrir la tête enseigne la crainte de Dieu, comme dans le passage à la fin du traité chabbat… (Taz sur Choulhan Aroukh, Orah Hayyim 8:3)
Alors qu’à l’époque talmudique, le fait de se couvrir la tête était associé aux femmes adultes, il se trouve que dans les communautés juives d’Amérique du Nord, la situation est inverse : le fait de se couvrir la tête est devenu principalement associé aux hommes et peut être observé non seulement à la synagogue, mais aussi la tenue vestimentaire quotidienne. 27
Ce changement frappant a été reconnu par un autre décideur halakhique, Chlomo Louria. Commentant la coutume des hommes de se couvrir la tête en permanence, il écrit :
אבל בזה תמיהני שנהגו איסור בפריעת ראש אף בלא תפילה ולא ידעתי מאין זה להם כי לא מצינו איסור בפריעת הראש כי אם לאשה כדאיתא בפ’ המדיר
Mais je suis surpris qu’ils aient pour coutume d’interdire de se découvrir la tête en dehors des moments de prière. Et je ne sais pas d’où ils tirent cela, car je n’ai trouvé une interdiction de se découvrir la tête que pour les femmes, comme dans le chapitre « celui qui fait un vœu » [B. Nedarim 30b]. (Responsa du Maharchal 72).
En reliant le passage de B. Nedarim – discuté plus haut dans cette « techouva» – au rituel masculin du couvre-chef, Louria déplace efficacement la conversation talmudique d’une discussion sur les vêtements quotidiens des femmes à une discussion sur les vêtements rituels des femmes. 28
En effet, un certain nombre de « poskim » séfarades éminents ont statué que, dans l’idéal, toutes les femmes devraient se couvrir la tête. Suivant Rambam et le Choulhan Aroukh, le rabbin Ovadia Yosef, les jeunes filles et les femmes célibataires doivent se couvrir la tête lorsqu’elles récitent la « amida »: 29
ומ”מ נ”ל שלכל הפחות בתפלת שמנה עשרה ישימו כיסוי על ראשן, לצאת ידי חובת הרמב”ם והטוש”ע
Et dans tous les cas, il me semble qu’au minimum pendant la « amida », elles [les jeunes filles et les femmes célibataires] devraient se couvrir la tête, afin de remplir l’obligation du Rambam et du Tour/Choulhan Aroukh. (Yabia Omer Orah Hayyim 6 :15)
Néanmoins, préconisant d’enseigner cette position avec douceur afin qu’elle soit acceptée, le rabbin Yosef reconnaît que s’il est trop difficile pour les jeunes filles de se couvrir la tête, il existe des précédents, tant textuels que coutumiers, pour ne pas le faire. 30
Résumé
En conclusion, la littérature talmudique décrit les femmes adultes comme portant un couvre-chef. Ces couvre-chefs sont essentiels à l’habillement des femmes, mais n’ont pas de signification rituelle particulière. Les femmes peuvent même retirer ces couvre-chefs (et les vendre !) afin de faciliter l’accomplissement des rituels masculins. La littérature halakhique médiévale fait la distinction entre le couvre-chef pour le « kavod ha-tsibour » et le couvre-chef pour le « yirat chamayim ». Par conséquent, un homme qui lit la Tora, qui agit en tant que chef de prière ou qui récite la bénédiction sacerdotale doit se couvrir la tête. Cependant, un homme qui n’agit dans aucun de ces rôles n’a pas besoin de se couvrir la tête. Comme le Talmud et les codes autorisent les femmes à faire partie des sept personnes qui lisent la Tora, les sources médiévales abordent explicitement la question de savoir si une femme est tenue ou non de se couvrir la tête dans cette situation. Sans surprise, les réponses sont partagées : oui (Isserles) et non (Or Zaroua). Dans le cas de la prière individuelle, Rambam et le Choulhan Aroukh exigent tous deux le port d’un couvre-chef pour la récitation de certains actes rituels, en particulier la « amida ».
Comme à leur habitude, ces sources s’adressent aux hommes et sont rédigées au masculin.
Cependant, il n’est pas nécessaire d’interpréter Rambam et le Choulhan Aroukh comme s’appliquant uniquement à un public masculin. La récitation de la « amida » était obligatoire pour les hommes et les femmes. 31 On peut donc facilement interpréter ces deux sources comme exigeant le port d’un couvre-chef pour toute personne récitant la «amida». Même le décisionnaire halakhique du XXe siècle, Ovadia Yosef, stipule que toutes les femmes doivent se couvrir la tête lorsqu’elles récitent la « amida ».
Cependant, au-delà de la « amida », les opinions sont divisées, même dans le cas du couvre-chef pour les hommes. Rambam exige explicitement le couvre-chef uniquement pour la « amida ». Le « Choulhan Aroukh » mentionne l’obligation de se couvrir la tête lors de la récitation du nom de Dieu comme une position alternative. Le port systématique du couvre-chef est donc une question de piété, qui consiste à ne jamais réciter le nom de Dieu avec la tête découverte.
La pratique contemporaine du port du couvre-chef par les femmes reflète cette fluidité dans la situation textuelle et coutumière du port du couvre-chef par les femmes. D’une part, reflétant l’idée que le couvre-chef est un vêtement de prière approprié, de plus en plus de jeunes filles et de femmes portent une forme de couvre-chef à la synagogue. Comme je l’ai fait remarquer au début de cette «techouva», certaines femmes et jeunes filles choisissent de porter une « kippa », d’autres un bandeau, et d’autres encore un chapeau. En effet, à l’exception de la « kippa », le foulard et le chapeau ne servent pas à marquer l’identité et la spécificité juives. Pour de nombreux membres de la communauté juive, cependant, ces signes fonctionnent comme des marqueurs internes d’appartenance, en particulier lorsqu’ils sont portés en dehors de la synagogue. D’autre part, reflétant les différentes opinions et pratiques concernant le couvre-chef, de nombreuses femmes choisissent de ne se couvrir la tête à aucun moment. Le fait de se couvrir ou de ne pas se couvrir la tête a donc une base textuelle et coutumière. Cette situation rend le « pesak halakha » à la fois difficile et ambitieux. En d’autres termes, si nous pouvons nommer un idéal, nous devons également reconnaître le soin et la réflexion nécessaires à la mise en œuvre de tout changement halakhique. Plutôt que de faire des déclarations arbitraires, nous encourageons nos communautés à écouter la voix des jeunes filles et des femmes, tant celles qui se couvrent déjà la tête que celles qui ne le font pas.
Décision :
Étant donné que la pratique coutumière des femmes et des jeunes filles tend de plus en plus vers le port du couvre-chef à la synagogue et que la tradition textuelle penche en faveur du port du couvre-chef pour les femmes, nous préconisons les pratiques suivantes :
- Les femmes et les jeunes filles doivent se couvrir la tête lorsqu’elles lisent la Tora et lorsqu’elles reçoivent une « aliya ».
- Par respect pour le « kavod ha-tsibour », les femmes et les filles doivent se couvrir la tête lorsqu’elles dirigent la prière. 32
- Lorsqu’elles prient « chaharit », « minha » ou « maariv » à titre individuel, les femmes et les jeunes filles doivent se couvrir la tête au moins pendant la récitation de la « amida » et idéalement pendant toute la durée de la prière.
- Le port du couvre-chef à d’autres moments relève de la piété personnelle, et une femme ou une jeune fille peut se couvrir les cheveux avec un vêtement de son choix ; ce vêtement n’a pas besoin de l’identifier publiquement comme juive.
Notes:
1 L’étude à grande échelle menée par Helena Darwin auprès de femmes portant la kippa a recueilli 513 réponses à la question « Que signifie pour vous le fait de porter la kippa, selon vos propres mots ? ». L’ auteure a classé les principales significations et motivations en cinq catégories : « pratiquer le judaïsme », « se sentir juive », « avoir l’air juive », « marqueur de statut » et « (dé)construire le genre ». Darwin conclut que « les résultats suggèrent que les femmes ne portent pas nécessairement la kippa pour faire une déclaration sur l’égalité des sexes ; elles la portent plutôt pour les mêmes raisons que les hommes, c’est-à-dire pour « être juives », « se sentir juives », « avoir l’air juives » et signifier un statut…
Elles ne portent pas la kippa pour protester contre le judaïsme ou pour le changer radicalement, mais plutôt pour participer plus pleinement à certains aspects de la religion dont elles ont été historiquement « exemptées ». » Helana Darwin, « Jewish Women’s Kippot: Meanings and Motives », Contemporary Jewry 37, n° 1 (2017), p. 85, 95. Voir également la petite étude d’Amy Milligan sur les lesbiennes juives Amy K. Milligan, «Expanding Sisterhood: Jewish Lesbians and Externalizations of Jewishness », Journal of Lesbian Studies 18 (2014) : 437-55. Milligan écrit : « Bien que le port du « tallit » et de la kippa ne soit pas obligatoire pour les juifs libéraux contemporains, leur renouveau témoigne d’un intérêt et d’un engagement à extérioriser leur judaïté. Plus précisément, les lesbiennes juives adoptent des symboles qui ont historiquement défini l’identité juive. Ce faisant, elles font de la kippa et du « tallit » des marqueurs contemporains de leur « statut d’initiées ». Milligan, « Expanding Sisterhood », 449.
2 En conséquence, cette « »techouva» » traite de la pratique du couvre-chef chez les femmes et non de l’habitude de se couvrir les cheveux chez les femmes après le mariage. Je ne fournis pas un aperçu de la littérature halakhique sur l’habitude de se couvrir les cheveux chez les femmes et le mariage. Les sources que j’évoque utilisent donc toutes le vocabulaire du couvre-chef et non celui de l’habitude de se couvrir les cheveux. Pour un aperçu complet de la littérature halakhique sur l’habitude de se couvrir les cheveux des femmes pour le mariage, voir Michael Broyde,« Hair Covering and Jewish Law: Biblical and Objective (Dat Moshe) or Rabbinic and Subjective (Dat Yehudit) ? », Tradition: A Journal of Orthodox Jewish Thought 42, n° 3 (2009) : 97-179. Sur l’expérience des femmes israéliennes orthodoxes modernes contemporaines et l’habitude de se couvrir les cheveux pour le mariage, voir Valeria Seigelshifer et Tova Hartman, « From Tichels to Hair Bands: Modern Orthodox Women and the Practice of Hair Covering », Women’s Studies International Forum 34 (2011) : 349-59.
3 Le CJLS a reconnu l’obligation égale des hommes et des femmes dans מצות עשה שהזמן
גרמה. Voir Pamela Barmash, “Women and mitsvot” https://www.rabbinicalassembly.org/sites/default/files/assets/public/halakhah/teshuvot/
2011-2020/womenandhiyyuvfinal.pdf
4 À ma connaissance, aucune étude ethnographique n’a été menée sur les femmes qui choisissent de ne pas porter la kippa.
5 Voir T. Kelim (Bava Batra) 6:10 :
כפה של זקינה שהיא טמא מדרס ונתנוהו לספר ר’מאיר מטהר ור’יוסי מטמא
Une kippa appartenant à une femme âgée qui la rend impure en la piétinant, et qu’elle a donnée à un tailleur : R. Meir [la déclare] pure et R. Yosi [la déclare] impure.
6 Il s’agit notamment des perruques (קפלטין), des paniers, des rubans et des bandeaux.
7 La version du Talmud de Babylone de cette « baraïta » autorise une femme à vendre des biens pour quatre ou cinq dinars afin de se confectionner une kippa pour la tête (B. Bava Kamma 119b).
8 Or Zaroua explique que kippa fait référence à un foulard (׳פי כפה צעיף ) Or Zarua 3, Piskei Bava Kamma 468. Cela peut être exact ou non. Il faut veiller à ne pas confondre cette kippa ancienne avec le vêtement contemporain que nous appelons kippa.
9 Le cas spécifique est celui où un mari absent prend des dispositions pour sa femme par l’intermédiaire d’un fiduciaire.
10 Rashi suggère que le mot « kippa » désigne un foulard.
11 L’histoire de Kimhit peut être comprise de la même manière :
שבעה בנים היו לה לקמחית וכולן שימשו בכהונה גדולה שלחו חכמים ואמרו לה מה
מעשים טובים יש בידך אמרה להן יבא עלי אם ראו קורות ביתי שערות ראשי ואימרת
חלוקי
Kimhit avait sept fils qui étaient tous grands prêtres. Les sages lui envoyèrent [une question] et lui dirent : « Quelles bonnes actions as-tu à ton actif ? » Elle leur répondit : “Que le malheur m’atteigne si les poutres de ma maison voient les cheveux de ma tête et les coutures de ma tunique.” (Y. Yoma 1:1, 38d).
Notez toutefois que le Talmud de Jérusalem décrit Kimhit comme couvrant ses cheveux et non sa tête. Cette histoire traite donc du fait de se couvrir les cheveux par modestie et non du port du couvre-chef. Comme je l’ai déjà mentionné, dans cette « techouva», j’utilise des sources qui se concentrent sur les femmes et le port du couvre-chef. À propos de Kimhit, voir Marjorie Lehman, « Kimchit as Heroine: The Stories that Form Us », http://thegemara.com/kimchits-head-covering-between- rabbis-and-priests/
12 Sur le terme “kavod” en référence à la présence physique de Dieu, voir Ben Sommer Benjamin D. Sommer, The Bodies of God and the World of Ancient Israel (New York : Cambridge University Press, 2009), 60-62. Voir également Rashi :
מלא כל הארץ כבודו. משמע משתרבב ויורד למטה והזוקף קומתו נראה כדוחק
La terre est remplie de Sa gloire. Cela signifie que [la gloire de Dieu] descend et se répand [dans le monde] et que celui qui se tient droit semble la repousser.
13 Voir également la déclaration de Rav Houna dans B. chabbat 118b selon laquelle il devrait recevoir une récompense pour ne pas avoir marché quatre coudées sans se couvrir la tête.
14
עיטוף. רב פפא מעטף ויתיב. רב אסי פריס סודרא על רישיה
Envelopper. Rav Pappa s’enveloppait de son châle, puis s’asseyait ; Rav Asi étendait un foulard sur sa tête. (B. Berakhot 51a)
15 B. Berakhot 60b. D’après la liste du « tallit » et des « tefillin » et les bénédictions qui les accompagnent dans le cadre du rituel matinal, il est clair que le Talmud de Babylone pense aux hommes.
16 La pratique consistant à diriger le chema (porès et chema) est souvent décrite comme un rituel responsorial dans lequel une personne récite une ligne du chema, puis la communauté la répète. Ezra Fleischer soutient que diriger le chema décrit une pratique rituelle publique où une personne récite la première ligne, la communauté répond « baroukh chem kevod malkhouto le-olam vaed » (béni soit le nom glorieux de sa royauté pour toujours) puis tous continuent à réciter le chema ensemble. Israël Knohl défend l’idée d’un rituel où une personne lit l’intégralité du chema pour la communauté, symbolisant ainsi l’acceptation des commandements. Ezra Fleischer, « Towards a Clarification of the Expression ‘Poreis ‘Al chema’’ (פורס על שמע) », Tarbiz 41, n° 2 (1972) : 133-44 ; Israel Knohl, « A Parasha Concerned With Accepting the Kingdom of Heaven », Tarbiz 53, n° 1 (1983), 11-15.
17 Comme le fait remarquer le rabbin David Frankel, on trouve un parallèle à ce texte dans M. Megillah 4:6. La michna omet toutefois les détails concernant le couvre-chef, tout comme la sougya Bavli qui suit. À l’époque talmudique, il était permis de réciter le chema, de lire la Tora, d’agir en tant que chef de prière et de réciter la bénédiction sacerdotale sans se couvrir la tête. http://responsafortoday.com/vol6/1_3.pdf
18 Dans ce passage, R. Frankel suit les opinions antérieures du commentaire d’Albeck sur M. Megillah 4:6. Frankel, 56 n.27 חבישת כיפה.
19 La plupart des manuscrits du Lévitique Rabba ont une version « inspecter » (לקנח) et non « couvrir » (לכסות). Le manuscrit Oxford écrit bien מלכסות, mais cela est corrigé en מלקנח. Le subtil changement de « inspecter » à « couvrir » reflète à nouveau la réécriture de ce midrach par Or Zaroua. Voir Lévitique Rabba 19:4, Par. Metsora (éd. Margulies 425-426).
20 La suite de ce passage est citée à la fois par le rabbin Frankel et le rabbin Ovadia Yosef (Yabia Omer Orah Hayyim 7:15) comme preuve d’une coutume française selon laquelle les hommes récitent les bénédictions à tête découverte.
ואין נראה בעיני מנהג רבותי’שבצרפת שמברכין בראש מגולה ובשמחת תורה נהגו לקרות קטנים ומזכירים הזכרה בראש[מגולה]וא« י איך לקיים המנהג אם לא כת »ק דיש אומרים דמס’ סופרים.
Et la coutume de nos rabbins en France ne me semble pas appropriée, selon laquelle ils récitent les bénédictions la tête découverte. Et lors de Simhat Torah, la coutume veut que les mineurs lisent la Torah et récitent le nom de Dieu à tête découverte. Et je ne sais pas comment justifier cette coutume si ce n’est en suivant la première opinion du « et il y a ceux qui disent » du traité Soferim.
Voir également Jacob Zallel Lauterbach, « Should One Cover the Head When Participating in divine worship? », dans Études sur la loi, les coutumes et le folklore juifs (New York : Ktav Publishing House, 1970), 235-36. Il est à noter que bien que les réponses du rabbin Frankel et du rabbin Yosef concernent le couvre-chef des femmes, aucune ne fait référence à ce passage d’Or Zaroua qui traite explicitement du couvre-chef des femmes.
21 Le CJLS a depuis longtemps convenu que les femmes peuvent lire la Tora et que cela ne contredit pas le « kavod ha-tsibbour ». Procès-verbaux du Comité sur la loi juive et les normes du mouvement Massorti 1927-1970, 3 (New York : The Rabbinical Assembly, 1997) 1086-1108.
22 Bien que l’on puisse interpréter le commentaire d’Isserles comme s’appliquant uniquement aux hommes, la catégorie privilégiée de lecteurs du lectionnaire, cette interprétation semble moins plausible. Comme je l’ai indiqué ci-dessus, Isserles ne mentionne pas explicitement de différence entre les hommes et les femmes, contrairement à Or Zaroua.
23 Michne Tora, Lois de la prière 5:1. Les vêtements mentionnés par Rambam, tels que la chemise de corps, sont des vêtements masculins. Notez que la décision de Rambam s’applique uniquement à la « amida »,
24 Voir également Choulhan Aroukh Orah Hayyim 91:5.
25 Voir Frankel, 50 חבישת כיפה sur ce point.
26 Voir par exemple Choulhan Aroukh Orah Hayyim 91:1-6.
27 La pratique contemporaine des hommes juifs nord-américains qui portent une kippa en permanence, en dehors de la synagogue et de leur domicile, est un phénomène relativement récent. Chez les hommes orthodoxes, cette pratique semble s’être établie au début des années 1960, dans le cadre d’une déclaration publique plus large de l’identité et de la fierté orthodoxes. Voir Lawrence Grossman, « The Kippah Comes to America », dans Continuity and Change: A Festchrift in Honor of Irving Greenberg’s 75th Birthday, éd. Steven T. Katz et Steven Bayme (Lanham : University Press of America, 2010), 138-143. Pour les hommes Massortis, cette pratique était liée au renouveau juif qui a commencé dans les années 1970 pour tous les Juifs. Sur le renouveau de la pratique juive, voir Jonathan D. Sarna, American Judaism: A History (New Haven : Yale University Press, 2004), 323-333. Voir également la thèse de licence d’ Aminadav Grossman qui soutient que, contrairement à l’opinion populaire, la kippa était déjà couramment portée en public avant la guerre de 1967. https://history.columbia.edu/wcontent/uploads/sites/20/2017/07/Aminadav Grossman.pdf. La kippa crochetée, ou kippa srougah, est devenue populaire en Israël après la guerre de Kippour de 1973. Voir Darwin, « Jewish Women’s Kippot », 3. Sur la question de savoir si les non-juifs doivent porter un couvre-chef dans une synagogue, voir « Non Jews and Kippah in the Synagogue» https://www.rabbinicalassembly.org/sites/default/files/assets/public/halakhah/teshuvot/20052010/Kippah%20JaySteinfinal.pdf
28 Voir également le commentaire du rabbin David Frankel (שיירי קרבן) sur Y. Ketoubot 7:6, 44b qui interprète ce passage et en conclut que les femmes mariées comme les femmes célibataires doivent se couvrir la tête. Il ne se préoccupe toutefois pas du couvre-chef, mais de la couverture des cheveux.
29 Ovadia Yosef ajoute également une préférence pour le couvre-chef lors de la récitation du « birkat ha-mazon », en tant que commandement de la Tora (de-oraïta). Dans la version plus concise de cette «techouva», R. Yosef préconise le couvre-chef pour les femmes lorsqu’elles récitent une bénédiction, lisent le Tanakh ou prononcent le nom de Dieu (Yehaveh Da’at 5:6). Voir également R. Ovadia Hedaya (Yaskil Avdi 7:389a) et R. Matzliah Mazuz (Ish Matzliah Orah Hayyim 24). Dans l’esprit de:
אין גוזרין גזרה על
הציבור אא”כ רוב ציבור יכולין לעמוד בה
(on ne prend pas de décision pour la communauté à moins que la majorité de la communauté puisse s’y conformer ; B.Avodah Zarah 36a ), j’ai intentionnellement omis d’aborder ces autres contextes du port du couvre-chef dans la «techouva», préférant traiter une question plus limitée et préconiser une pratique que je considère comme possible plutôt qu’une pratique que je considère comme actuellement impossible pour la plupart des femmes. Pour les femmes qui adoptent la pratique pieuse de se couvrir la tête en permanence, תבוא עליהן ברכה (qu’une bénédiction soit sur elles).
30 Sur la tradition mizrahi des décisions préconisant ce que l’auteur appelle le couvre-chef pour les femmes célibataires, voir Ilan Fuchs, « Hair Covering for Single Women: A New Reading of Mizrahi Halakhic Rulings », Nashim: A Journal of Jewish Women’s Studies and Gender Issues 23 (2012) : 35-39. R. Yosef note également cette coutume des femmes mizrahi célibataires qui portent un couvre-chef.
31 Voir par exemple Michne Tora, Hilkhot Tefillah 1:2
32 Dans la définition du « kavod ha-tsibbour », il est essentiel que l’honneur de la congrégation ne soit pas déterminé uniquement par la pratique masculine. Les voix et les coutumes des hommes et des femmes doivent faire partie de la prise de décision.
https://www.rabbinicalassembly.org/sites/default/files/kanarek_-_headcovering_for_women_and_girls_-_nov_2019_final.pd
Question :
Les femmes et les filles doivent-elles se couvrir la tête pendant la prière ? Si oui, quand et où ?
Réponse :
Dans le monde juif contemporain, le fait que les hommes se couvrent la tête est considéré comme un symbole visible de piété et comme un signe d’identification juive. C’était, à l’origine, une coutume, et c’est devenu une pratique normative dans les synagogues et les « minyanim » dans une grande partie du monde juif. Cela est certainement vrai pour le mouvement Massorti. Cependant, les pratiques en matière de couvre-chef pour les femmes et les jeunes filles dans les synagogues et les « minyanim » Massorti varient. Certaines femmes ne portent aucun couvre-chef, d’autres portent une kippa, d’autres un chapeau, et d’autres encore un foulard ou un bandeau. Ces variations dans le port du couvre-chef féminin soulèvent des questions sur l’autorité de la pratique vécue, tant historique que contemporaine, sur l’autorité de notre tradition textuelle, ainsi que sur l’étendue et les limites de l’égalitarisme. Pour certaines femmes, la décision de se couvrir la tête repose sur le raisonnement suivant : le couvre-chef, bien que non obligatoire pour les hommes, est depuis longtemps considéré comme une coutume juive si forte qu’il est devenu obligatoire. Même s’il est traditionnellement porté par les hommes, le couvre-chef n’est pas intrinsèquement masculin. 1
Ainsi, l’égalitarisme suggérerait que les femmes se considèrent également comme faisant partie de cette coutume et se couvrent la tête de la même manière.
Pour d’autres femmes, la décision repose sur un raisonnement différent : le couvre-chef, symbole de piété et d’identité juive, a toujours été une pratique masculine. Le couvre-chef des femmes est trop facilement associé (même à tort) au fait que les femmes se couvrent les cheveux après le mariage. Dans cette optique, le couvre-chef ne doit pas être confondu avec le fait de se couvrir les cheveux pour des raisons de pudeur. 2
En outre, les problèmes liés à une pratique non égalitaire ne peuvent pas tous être résolus par un modèle qui présuppose que les hommes sont la norme et exige des femmes qu’elles imitent leurs pratiques.
Comme il n’existe pas de tradition féminine décisive en matière de couvre-chef et que l’absence de couvre-chef n’a aucune conséquence rituelle, la norme masculine ne doit pas nécessairement s’appliquer.
En effet, contrairement au « tallit » et aux « tefillins », qui sont tous deux classés comme des commandements liés au temps (מצות עשה שהזמן גרמה), il n’existe aucun commandement spécifique imposant de se couvrir la tête. Par conséquent, une femme qui croit fermement à l’obligation pour les hommes et les femmes de respecter les « mitsvot » du « tallit » et des « tefillins » 3 peut choisir d’adopter une position différente en ce qui concerne le couvre-chef. 4 Reconnaissant l’intégrité de ces deux positions et l’engagement en faveur de la pratique égalitaire que chacune reflète, cette «Techouva» tracera une voie halakhique pour les femmes et les jeunes filles qui décident de se couvrir ou non la tête à la synagogue, ainsi que pour les communautés qui envisagent une politique communautaire en matière de couvre-chef.
Le couvre-chef comme vêtement féminin
À l’époque talmudique, les femmes se couvraient généralement la tête. En effet, le couvre-chef semble avoir été une pratique courante chez les femmes adultes et non chez les hommes adultes.
מ »ט?אנשים זימנין דמיכסו רישייהו וזימנין דמגלו רישייהו.אבל נשים לעולם מיכסו וקטנים לעולם מיגלו.
Quelle est la raison [pour laquelle la michna ne qualifie que les hommes de « à tête noire» et pas les femmes] ? Parce que les hommes couvrent parfois leur tête et parfois la découvrent. Mais les femmes couvrent toujours [leur tête] et les mineurs la découvrent toujours [leur tête]. (B. Nedarim 30b)
לוקחין מן הנשים כלי צמר ביהודה ואין לוקחין פירות יינות שמנים וסלתות לא מן הנשים ולא מן העבדים ולא מן הקטנים אבא שאול או’ לוקחין מן האישה בחמשה דינרין כדי שתקח בהן כפה לראשה
“On peut acheter aux femmes des vêtements en laine en Judée. Mais on ne peut pas acheter des fruits, du vin, de l’huile ou de la farine, ni aux femmes, ni aux esclaves, ni aux mineurs. Abba Shaul dit : on peut acheter [des fruits, du vin, de l’huile et de la farine] à une femme pour cinq dinars afin qu’elle puisse acheter une « kippa » pour sa tête avec cet argent ». 7
Bien que la Tossefta (et son parallèle dans le Talmud de Babylone) ne nous dise pas à quoi ressemblait ce couvre-chef, 8 quand les femmes pouvaient le porter, ni même pourquoi il est appelé « kippa », le passage dépeint néanmoins cette kippa comme un vêtement suffisamment important pour qu’au moins un sage (Abba Shaul) autorise un achat autrement interdit. Comme B. Nedarim 30b, la Tossefta n’associe pas la « kippa », au statut marital et à la modestie, ni ne la relie à des pratiques rituelles particulières. Elle semble simplement être un élément essentiel de la tenue vestimentaire des femmes. M. Ketoubot 5:8 confirme également que la « kippa », est un vêtement important pour les femmes :
ונותן לה מטה מפץ ומחצלת ונותן לה כפה לראשה וחגור למתניה ומנעלים ממועד למועד וכלים של חמשים זוז משנה לשנה ואין נותנין לה לא חדשים בימות החמה ולא שחקים בימות הגשמים אלא נותן לה כלים של חמשים זוז בימות הגשמים והיא מתכסה בבלאותיהן בימות החמה והשחק שלה
Et il [son mari] lui donne un lit, une natte de roseaux et une couverture. Et il lui donne une « kippa », pour sa tête, une ceinture pour ses reins, des chaussures [qui dureront] d’une fête à l’autre, et des vêtements d’une valeur de cinquante « zouzim » [qui dureront] d’une année à l’autre. Et il ne lui donne pas de vêtements neufs pendant la saison sèche ni de vêtements usés pour la saison des pluies. Il lui donne plutôt des vêtements d’une valeur de cinquante « zouzim » pendant la saison des pluies et elle s’habille avec des vêtements usés pendant la saison sèche, et les vêtements usés [plus anciens] lui appartiennent. 9
En exigeant des maris qu’ils fournissent une « kippa », à leurs femmes, la michna définit les « kippot » comme des éléments essentiels de la tenue vestimentaire des femmes, c’est-à-dire une partie de ce que les femmes portent habituellement.
Ces passages ne confèrent toutefois aucune signification rituelle à cette « kippa ».
Les femmes, le couvre-chef et la piété
Parfois, le Talmud établit un lien entre le couvre-chef des femmes et les rituels religieux et les comportements éthiques corrects. Cependant, lorsqu’il le fait, il associe souvent le couvre-chef des femmes à la facilitation de la pratique rituelle et du comportement éthique des hommes :
שאלו תלמידיו את רבי זכאי: במה הארכת ימים? אמר להם: מימי לא השתנתי מים בתוך ארבע אמות של תפלה, ולא כניתי שם לחבירי, ולא ביטלתי קידוש היום. אמא זקינה היתה לי, פעם אחת מכרה כפה שבראשה והביאה לי קידוש היןם.
Les élèves de Rabbi Zakkai lui demandèrent : « Pour quelle raison as-tu mérité une longue vie ? » Il leur répondit : « De toute ma vie, je n’ai pas uriné à moins de quatre coudées de la « tefila », je n’ai pas donné de surnom à mes compagnons et je n’ai pas négligé la sanctification du jour (« kiddouch » pendant le jour du chabbat). J’avais une mère âgée qui, un jour, a vendu la « kippa », 10 qu’elle portait sur la tête et m’a apporté la sanctification du jour [du vin]. » (B. Meguila 27b).
La mère de Rabbi Zakkai exprime sa piété en vendant son couvre-chef pour acheter du vin pour que son fils puisse réciter le « kiddouch » du chabbat. À son tour, la mère de Rav Nahman b. Isaac ordonne à son fils de se couvrir la tête de peur qu’il ne devienne un voleur :
ומדר »נ בר יצחק נמי אין מזל לישראל דאימיה דר »נ בר יצחק אמרי לה כלדאי בריך גנבא הוה לא שבקתיה גלויי רישיה אמרה ליה כסי רישיך כי היכי דתיהוו עלך אימתא דשמיא ובעי רחמי לא הוה ידע אמאי קאמרה ליה יומא חד יתיב קא גריס תותי דיקלא נפל גלימא מעילויה רישיה דלי עיניה חזה לדיקלא אלמיה יצירה סליק פסקיה לקיבורא בשיניה.
Et nous apprenons de R. Nahman b. Isaac qu’Israël n’est pas soumis à l’influence des planètes. Car la mère de R. Nahman b. Isaac et quelques Chaldéens lui dirent : « ton fils sera un voleur. » Elle ne l’autorisa pas à être tête nue. Elle lui dit : « Couvre ta tête afin que la crainte de Dieu soit sur toi et prie pour obtenir miséricorde. » Il n’a pas compris pourquoi elle lui disait ça. Un jour, il était assis sous un palmier et il étudiait. La cape qui lui couvrait la tête tomba. Il leva les yeux et vit le palmier. Il céda à son impulsion et coupa une branche portant des dattes avec ses dents. B. Chabbat 156
Le fait d’avoir la tête couverte protégeait R. Nahmann contre un comportement inadéquat. Le fait d’être nu-tête conduit à devenir un voleur. Les histoires décrivent les femmes utilisant le fait d’avoir la tête couverte pour encourager chez les autres un comportement conforme à l’éthique, soit en se découvrant, soit en encourageant leurs fils à se couvrir
En effet, le couvre-chef des hommes est décrit comme une expression de la présence terrestre de Dieu:
אמר רבי יהושע בן לוי אסור לאדם שיהלך ארבע אמות בקומה זקופה שנא’ מלא כל הארץ כבודו רב הונא בריה דרב יהושע לא מסגי ארבע אמות בגילוי הראש אמר שכינה למעלה מראשי.
Rabbi Yehchoua ben Levi a dit : Il est interdit à une personne de marcher quatre coudées en se tenant droit. Comme il est dit : « La terre est remplie de Sa gloire (« kevodo ») (Isaïe 6:3). Rav Houna, le fils de Rav Yehochoua, n’aurait pas marché quatre coudées sans se couvrir la tête. Il disait : « La « chekhina » est au-dessus de ma tête. » (B. Kidouchin 31a).
Dans une interprétation anthropomorphique, Rabbi Yehochoua ben Levi interdit de marcher en position droite de peur de rencontrer accidentellement le « kavod » de Dieu, la présence divine qui règne sur la terre. 12 Rav Houna, quant à lui, résout ce problème de rencontre potentielle avec le Divin en ne marchant pas plus de quelques pas sans se couvrir la tête. 13
Le Talmud de Babylone lie également le fait de se couvrir la tête pour les hommes à des rituels spécifiques. La récitation du « birkat ha-mazon » (bénédiction après le repas) sur une coupe de vin nécessite de s’envelopper (עיטוף), ce que Rav Asi accomplit en étendant un foulard sur sa tête. 14 En étendant un foulard sur sa tête dans le cadre de sa routine matinale, un homme récite « béni soit Celui qui couronne Israël de gloire » 15
En revanche, le couvre-chef des femmes est représenté de manière moins généreuse :
מפני מה האיש יוצא וראשו מגולה והאישה יוצאה וראשה מכוסה, אמר להם לאחד שעבר עבירה והוא מתבייש מבני אדם לפיכך היא יוצאה מכוסה
Pourquoi un homme sort-il la tête découverte et une femme sort-elle la tête couverte ? Il leur dit : « [Cela peut être comparé] à celui qui commet une transgression et a honte devant les gens. Ainsi sort-elle la tête couverte (Genesis Rabba 17)
Le couvre-chef des femmes s’inspire d’Ève. Ève a péché, a eu honte et a donc couvert sa tête ; de la même manière, les femmes contemporaines sont censées se couvrir la tête par honte.
En résumé, les textes talmudiques associent le couvre-chef aux femmes adultes et le considèrent comme un élément central de leur tenue vestimentaire. Les femmes peuvent découvrir leur tête pour permettre aux hommes d’exprimer leur piété ou pour encourager les hommes à se couvrir la tête afin de les inciter à adopter un comportement éthique. Les hommes, cependant, se couvrent la tête en reconnaissance de la présence de Dieu et dans l’accomplissement d’un ensemble limité de rituels spécifiques. Pour les femmes, le couvre-chef fait simplement partie de la tenue vestimentaire habituelle.
Le couvre-chef et la prière
Étant donné que les textes talmudiques décrivent les femmes adultes comme portant un couvre-chef, une approche consisterait à étendre cette coutume à la pratique contemporaine des femmes et à lui conférer la signification et les exigences que la littérature halakhique ultérieure attribue au couvre-chef masculin. Cependant, comme le port systématique du couvre-chef n’est pas la norme pour la plupart des femmes juives nord-américaines contemporaines, cette approche nécessiterait un changement notable dans l’habillement. En outre, comme la plupart de ces textes, mais pas tous, présupposent un public spécifiquement masculin et une direction masculine des rituels publics, la transposition des pratiques féminines aux pratiques masculines ne devrait pas être acceptée comme une évidence. Bien que nous fonctionnions sur la base d’une hypothèse d’égalitarisme, ces textes – et notre société contemporaine – sont profondément genrés. Nous ne pouvons donc pas ignorer le genre en tant que catégorie. De plus, comme la littérature halakhique accorde du crédit à l’autorité textuelle et aux pratiques coutumières, nous devrions en faire autant.
Bien que les textes talmudiques traitent en grande partie de cas individuels de couverture de la tête, la discussion sur la couverture de la tête dans la littérature halakhique ultérieure s’articule autour de trois axes généraux : l’honneur de la congrégation (כבוד הציבור), les expressions de piété (יראת שמים) et les expressions de la spécificité juive. Le traité géonique Soferim 14:15 devient l’un des textes clés sur le couvre-chef pour la direction de la prière :
קטן קורא בתורה ומתרגם אבל אינו פורס את שמע לומר יוצר אור ואינו עובר לפני התיבה ואינו נושא את כפיו פוחח הנראים כרעיו או בגדיו ערומי’או מי שראשו מגולה פורס את שמע ויש אומרי’ בכרעיו ובגדיו פרומים פורס אבל בראשו מגולה אינו רשאי להוציא הזכר’ מפיו . בין כך ובין כך מתרגם אבל אינו קורא בתורה ואינו עובר לפני התיבה ואינו נושא את כפיו :
Un mineur lit la Torah et traduit, mais il ne dirige pas le « chema » afin de dire [la prière] « yotzer or » ; et il ne passe pas devant l’arche [en tant que chef de prière] et il ne lève pas les mains [pour la bénédiction sacerdotale]. Celui qui a des trous dans ses vêtements, dont les genoux sont visibles ou dont les vêtements sont déchirés ou celui dont la tête est découverte dirige le « chema ». 16 Et il y a ceux qui disent que, avec ses genoux [visibles] et ses vêtements déchirés, il dirige le « chema », mais avec la tête découverte, il lui est interdit de prononcer le nom de Dieu. Dans les deux cas [avec la tête couverte ou découverte], il peut traduire [pendant la lecture de la Torah], mais [la tête découverte] il ne lit pas la Torah et il ne passe pas devant l’arche [en tant que chef de prière] et il ne lève pas les mains [dans la bénédiction sacerdotale]. 17
Ce passage fournit deux règles différentes sur l’autorisation de diriger le « chema » la tête découverte : la première règle autorise la direction du « chema » la tête découverte et la seconde l’interdit. Cependant, tous s’accordent à dire qu’une personne doit avoir la tête couverte lorsqu’elle lit la Torah, dirige la prière ou récite la bénédiction sacerdotale. Qu’est-ce qui explique cette différence entre la position qui autorise la direction du « chema » avec la tête découverte et celle qui l’interdit pour la lecture de la Torah, la direction de la prière et la récitation de la bénédiction sacerdotale ? Le rabbin David Frankel soutient que la personne qui dirigeait le « chema » le faisait discrètement depuis sa place. 18 En revanche, le lecteur de la Torah, le dirigeant de la prière et le prêtre récitant la bénédiction sacerdotale se tenaient officiellement devant toute la congrégation. L’interdiction de se découvrir la tête pour ces trois dernières activités rituelles découle du « kavod ha-tzibbour », le souci de l’honneur de la congrégation. Étant donné que la récitation du « chema » n’implique pas le « kavod ha-tzibbour », il n’est pas nécessaire de se couvrir la tête. L’interdiction de réciter le nom de Dieu à tête nue ne concerne que la position alternative concernant le « chema » (« et il y a ceux qui disent »). Il est toutefois intéressant de noter que, puisque de nos jours le chef de la prière récite le « chema » de manière solennelle devant l’assemblée, nous devrions suivre la position alternative et exiger que la tête soit couverte pour diriger le « chema ».
Ce passage du traité Soferim traite des personnes impliquées dans la direction du rituel synagogal. Il ne traite pas de la question de savoir si l’interdiction de réciter le nom de Dieu avec la tête découverte s’étend à tous les membres de la congrégation. Il ne mentionne pas non plus explicitement les femmes, bien que, comme on peut supposer que seuls les hommes dirigeaient ces rituels, on peut interpréter sa discussion sur le couvre-chef comme limitée aux hommes.
Or Zaroua extrapole toutefois de la discussion du traité Soferim sur le couvre-chef masculin pendant la prière à celui des femmes pendant la prière. Après avoir statué qu’un mineur doit se couvrir la tête lorsqu’il lit la Torah, Or Zaroua poursuit :
וכן מצאתי אני המחבר בויקרא רבה פ’ וזאת תהי תורת המצורע בסופה[בפסוק]ראשו כתם פז שדורש בעצלתים ימך המקרה ע »י שהאדם הזה מתעצל מלכסות את ראשו כראוי ימך המקרה הרי הוא נעשה(רומי נזקים[ )דאומטיקום]ובשפלות ידים ידלוף הבית ע« י שהאדם הזה משתפל מלכסות גופו כראוי ידלוף הבית יעלה גופו חטטין.הא למדת שצריך אדם לכסות כל גופו.ואין להעמיד טענה זו באשה דלאח »כ מסיק התם ר’כהן פתר קרייא באשה מכלל דעד הנה באדם זכר קא מיירי.
Et ainsi j’ai trouvé, moi l’auteur, dans le Lévitique Rabba, la partie « Et ceci est la loi du « metzora » (Lévitique 14:2) à la fin du verset « Sa tête est d’or pur » (Cantique des Cantiques 5:11), qui explique [le verset] « Par la paresse, le plafond s’affaisse, par des mains paresseuses, la maison s’écroule » (Kohelet 10:18) comme suit : parce que cet homme était trop paresseux pour se couvrir la tête de manière convenable, « le plafond s’affaisse » – voici qu’il sera affligé de rhumatismes. « Par des mains paresseuses, la maison s’effondre » : parce que cet homme était trop paresseux pour couvrir 19 son corps de manière convenable, « la maison s’effondre » — son corps sera couvert de plaies. De cela, vous apprenez qu’un homme doit couvrir tout son corps. Mais on n’applique pas cette condition à une femme. Car après cette [interprétation, le midrach] conclut ainsi: Rabbi Cohen a interprété le [même] verset en ce qui concerne une femme. Il s’ensuit implicitement que jusqu’ici, nous parlons d’un homme. (Or Zaroua Hilkhot chabbat 2 :43)
Or Zaroua interprète l’interprétation de Leviticus Rabba de Kohelet 10:18 dans le contexte du comportement correct pendant la prière. Les afflictions corporelles que sont les rhumatismes et les plaies ne sont pas le résultat d’une tenue vestimentaire inappropriée en général, mais d’une tenue vestimentaire inappropriée spécifiquement pendant la prière. Contrairement à sa réinterprétation du Lévitique Rabba concernant la prière masculine, Or Zaroua conserve l’interprétation du Lévitique Rabbah de Kohelet 10:18 comme se référant à une femme, comme cela apparaît dans le midrach original : Kohelet 10:18 décrit une femme qui, soit est nue de façon inappropriée, soit ne s’inspecte pas correctement pendant ses règles (interprétation du rabbin Cohen). Ses troubles physiques ne sont pas causés par un comportement inapproprié pendant la prière. Les hommes doivent se couvrir la tête pour prier et lorsqu’ils lisent la Torah ; les femmes n’ont pas besoin de le faire, dans aucun des deux cas. 20 Rabbi Moïse Isserles, quant à lui, étend l’exigence de Soferim concernant le couvre-chef lors de la lecture de la Torah aux femmes :
הכל עולים למנין שבעה, אפילו אשה וקטן שיודע למי מברכין, אבל אמרו חכמים: אישה לא תקרא בצבור מפני כבוד הצבור. הגה…:ואסור לקרות בראש מגולה.
Tous comptent pour le nombre de sept [pour la lecture de la Tora le chabbat], même une femme et un mineur qui comprend pour qui on bénit. Mais les sages ont dit : Une femme ne doit pas lire publiquement la Tora en raison du respect dû à la congrégation. 21
Commentaire [d’Isserles] : … Et il est interdit de lire [la Tora] avec la tête découverte. (Choulhan Aroukh Orah Hayyim 282:3)
Comme Isserles étend la possibilité pour une femme d’être l’une des sept personnes autorisées à lire la Tora le jour du chabbat (même s’il assortit ensuite cette autorisation de conditions) et, contrairement à Or Zaroua, ne précise pas de différence entre les vêtements masculins et féminins, il s’ensuit que si une femme fait partie des sept personnes autorisées à lire la Tora, elle doit elle aussi se couvrir la tête. On pourrait également étendre le commentaire d’Isserles pour affirmer que, tout comme le fait de lire la Tora est une question de « kavod ha-tzibbour », ce que l’on porte doit également refléter le « kavod ha-tzibbour ». 22
Jusqu’à présent, la discussion a principalement porté sur le leadership rituel public. Qu’en est-il de la prière individuelle ? En détaillant les vêtements qu’une personne doit porter pour réciter la Amida, Rambam prescrit un couvre-chef. Bien que Rambam ne pense probablement pas aux femmes lorsqu’il évoque la préparation à la récitation de la amida, 23 il est plausible d’interpréter ses mots de manière plus inclusive, comme s’appliquant à toute personne qui récite la Amida :
תקון המלבושים כיצד מתקן מלבושיו תחלה ומציין עצמו ומהדר שנאמר השתחוו לה’ בהדרת קדש ולא יעמוד בתפלה באפונדתו ולא בראש מגולה ולא ברגלים מגולות אם דרך אנשי המקום שלא יעמדו בפני הגדולים אלא בבתי הרגלים
Comment doit-on préparer ses vêtements [pour la prière] ? Il prépare d’abord ses vêtements, puis il se pare et se glorifie, comme il est dit : « Inclinez-vous devant le Seigneur, glorieux dans sa sainteté » (Psaumes 29 :2). Et on ne peut pas se tenir debout en prière en chemise, ni tête nue, ni pieds nus si la coutume de cet endroit est de ne pas se tenir [pieds nus] devant les nobles mais de porter des chaussures. (Michne Tora, Lois de la prière 5:5)
Si l’on comprend ce texte comme s’appliquant autant aux femmes qu’aux hommes, les uns et les autres doivent se couvrir la tête lorsqu’ils récitent la « amida ». 24 Notez toutefois que la règle de Rambam ne s’applique qu’à la « amida », . Il n’étend pas cette exigence à la récitation du « chema », à la lecture de la Tora ou à la prononciation des bénédictions. 25 Si les descriptions des vêtements masculins dans la législation de Karo sur la prière 26 me conduisent à penser que Karo ne considère que les hommes, comme Rambam, nous pouvons également étendre les règles de Karo aux femmes, c’est-à-dire à toute personne qui prie :
לא יעמוד באפונדתו ולא בראש מגולה ולא ברגלים מגולים, אם דרך אנשי המקום שלא יעמדו לפני הגדולים אלא בבתי רגלים.
Une personne ne doit pas se tenir debout [pour réciter la « amida », ] avec son sac d’argent, la tête découverte ou les pieds nus si la coutume des gens de l’endroit est de se tenir debout devant les personnes importantes en portant des chaussures. (Choulhan Aroukh, Orah Hayyim 91:5)
Comme Rambam, Karo exige que la tête soit couverte pour réciter la « amida », et non pour réciter d’autres bénédictions. Il conserve la position alternative du traité Soferim comme alternative et non comme une exigence absolue :
יש אומרים שאסור להוציא אזכרה מפיו בראש מגולה, ו י« א שיש למחות שלא ליכנס בבהכ״נ בגלוי הראש.
Il y a ceux qui disent qu’il est interdit de prononcer le nom de Dieu avec la tête découverte.
Et il y a ceux qui disent qu’on ne doit pas entrer dans une synagogue avec la tête découverte. (Choulhan Aroukh, Orah Hayyim 91:3)
Une lecture inclusive du Rambam et du Karo conduit à la conclusion que les hommes et les femmes doivent se couvrir la tête lorsqu’ils récitent la « amida » ; dans les autres moments de prière individuelle — et a fortiori pendant les activités quotidiennes — le port d’un couvre-chef n’est pas obligatoire.
Malgré ces sources textuelles, de nombreux hommes juifs portent aujourd’hui un couvre-chef en tout temps, qu’ils soient engagés dans des activités plus banales ou dans des activités rituelles. La pratique pieuse de Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, qui consistait à ne pas marcher quatre coudées avec la tête découverte, est devenue une pratique normative, un signe non seulement — ou peut-être pas même principalement — de piété, mais aussi d’identité masculine juive. Cette idée que le couvre-chef marque l’identité masculine juive se retrouve dans la décision du Taz :
ונ”ל שיש איסור גמור מטעם אחר דהיינו כיון שחק הוא עכשיו בין הנכרי’ שעושין כן תמיד תקיף שיושבין פורקין מעליהם הכובע ואם כן זה נכלל בכלל ובחוקותיהם לא תלכו כל שכן בחוק זה שיש לו טעם דכיסוי הראש מורה על יראת שמים כההיא דסוף מסכת שבת….
Et il me semble qu’il existe une interdiction stricte [concernant le fait de se découvrir la tête] pour une autre raison, à savoir que c’est une loi désormais chez les Chrétiens de retirer leur chapeau dès qu’ils s’assoient. Et si tel est le cas, cela est inclus dans la règle :
« Et ne suivez pas leurs coutumes » (Lévitique 18:3). Cela est d’autant plus vrai dans cette règle qui a une raison d’être, car se couvrir la tête enseigne la crainte de Dieu, comme dans le passage à la fin du traité chabbat… (Taz sur Choulhan Aroukh, Orah Hayyim 8:3)
Alors qu’à l’époque talmudique, le fait de se couvrir la tête était associé aux femmes adultes, il se trouve que dans les communautés juives d’Amérique du Nord, la situation est inverse : le fait de se couvrir la tête est devenu principalement associé aux hommes et peut être observé non seulement à la synagogue, mais aussi la tenue vestimentaire quotidienne. 27
Ce changement frappant a été reconnu par un autre décideur halakhique, Chlomo Louria. Commentant la coutume des hommes de se couvrir la tête en permanence, il écrit :
אבל בזה תמיהני שנהגו איסור בפריעת ראש אף בלא תפילה ולא ידעתי מאין זה להם כי לא מצינו איסור בפריעת הראש כי אם לאשה כדאיתא בפ’ המדיר
Mais je suis surpris qu’ils aient pour coutume d’interdire de se découvrir la tête en dehors des moments de prière. Et je ne sais pas d’où ils tirent cela, car je n’ai trouvé une interdiction de se découvrir la tête que pour les femmes, comme dans le chapitre « celui qui fait un vœu » [B. Nedarim 30b]. (Responsa du Maharchal 72).
En reliant le passage de B. Nedarim – discuté plus haut dans cette « techouva» – au rituel masculin du couvre-chef, Louria déplace efficacement la conversation talmudique d’une discussion sur les vêtements quotidiens des femmes à une discussion sur les vêtements rituels des femmes. 28
En effet, un certain nombre de « poskim » séfarades éminents ont statué que, dans l’idéal, toutes les femmes devraient se couvrir la tête. Suivant Rambam et le Choulhan Aroukh, le rabbin Ovadia Yosef, les jeunes filles et les femmes célibataires doivent se couvrir la tête lorsqu’elles récitent la « amida »: 29
ומ”מ נ”ל שלכל הפחות בתפלת שמנה עשרה ישימו כיסוי על ראשן, לצאת ידי חובת הרמב”ם והטוש”ע
Et dans tous les cas, il me semble qu’au minimum pendant la « amida », elles [les jeunes filles et les femmes célibataires] devraient se couvrir la tête, afin de remplir l’obligation du Rambam et du Tour/Choulhan Aroukh. (Yabia Omer Orah Hayyim 6 :15)
Néanmoins, préconisant d’enseigner cette position avec douceur afin qu’elle soit acceptée, le rabbin Yosef reconnaît que s’il est trop difficile pour les jeunes filles de se couvrir la tête, il existe des précédents, tant textuels que coutumiers, pour ne pas le faire. 30
Résumé
En conclusion, la littérature talmudique décrit les femmes adultes comme portant un couvre-chef. Ces couvre-chefs sont essentiels à l’habillement des femmes, mais n’ont pas de signification rituelle particulière. Les femmes peuvent même retirer ces couvre-chefs (et les vendre !) afin de faciliter l’accomplissement des rituels masculins. La littérature halakhique médiévale fait la distinction entre le couvre-chef pour le « kavod ha-tsibour » et le couvre-chef pour le « yirat chamayim ». Par conséquent, un homme qui lit la Tora, qui agit en tant que chef de prière ou qui récite la bénédiction sacerdotale doit se couvrir la tête. Cependant, un homme qui n’agit dans aucun de ces rôles n’a pas besoin de se couvrir la tête. Comme le Talmud et les codes autorisent les femmes à faire partie des sept personnes qui lisent la Tora, les sources médiévales abordent explicitement la question de savoir si une femme est tenue ou non de se couvrir la tête dans cette situation. Sans surprise, les réponses sont partagées : oui (Isserles) et non (Or Zaroua). Dans le cas de la prière individuelle, Rambam et le Choulhan Aroukh exigent tous deux le port d’un couvre-chef pour la récitation de certains actes rituels, en particulier la « amida ».
Comme à leur habitude, ces sources s’adressent aux hommes et sont rédigées au masculin.
Cependant, il n’est pas nécessaire d’interpréter Rambam et le Choulhan Aroukh comme s’appliquant uniquement à un public masculin. La récitation de la « amida » était obligatoire pour les hommes et les femmes. 31 On peut donc facilement interpréter ces deux sources comme exigeant le port d’un couvre-chef pour toute personne récitant la «amida». Même le décisionnaire halakhique du XXe siècle, Ovadia Yosef, stipule que toutes les femmes doivent se couvrir la tête lorsqu’elles récitent la « amida ».
Cependant, au-delà de la « amida », les opinions sont divisées, même dans le cas du couvre-chef pour les hommes. Rambam exige explicitement le couvre-chef uniquement pour la « amida ». Le « Choulhan Aroukh » mentionne l’obligation de se couvrir la tête lors de la récitation du nom de Dieu comme une position alternative. Le port systématique du couvre-chef est donc une question de piété, qui consiste à ne jamais réciter le nom de Dieu avec la tête découverte.
La pratique contemporaine du port du couvre-chef par les femmes reflète cette fluidité dans la situation textuelle et coutumière du port du couvre-chef par les femmes. D’une part, reflétant l’idée que le couvre-chef est un vêtement de prière approprié, de plus en plus de jeunes filles et de femmes portent une forme de couvre-chef à la synagogue. Comme je l’ai fait remarquer au début de cette «techouva», certaines femmes et jeunes filles choisissent de porter une « kippa », d’autres un bandeau, et d’autres encore un chapeau. En effet, à l’exception de la « kippa », le foulard et le chapeau ne servent pas à marquer l’identité et la spécificité juives. Pour de nombreux membres de la communauté juive, cependant, ces signes fonctionnent comme des marqueurs internes d’appartenance, en particulier lorsqu’ils sont portés en dehors de la synagogue. D’autre part, reflétant les différentes opinions et pratiques concernant le couvre-chef, de nombreuses femmes choisissent de ne se couvrir la tête à aucun moment. Le fait de se couvrir ou de ne pas se couvrir la tête a donc une base textuelle et coutumière. Cette situation rend le « pesak halakha » à la fois difficile et ambitieux. En d’autres termes, si nous pouvons nommer un idéal, nous devons également reconnaître le soin et la réflexion nécessaires à la mise en œuvre de tout changement halakhique. Plutôt que de faire des déclarations arbitraires, nous encourageons nos communautés à écouter la voix des jeunes filles et des femmes, tant celles qui se couvrent déjà la tête que celles qui ne le font pas.
Décision :
Étant donné que la pratique coutumière des femmes et des jeunes filles tend de plus en plus vers le port du couvre-chef à la synagogue et que la tradition textuelle penche en faveur du port du couvre-chef pour les femmes, nous préconisons les pratiques suivantes :
Notes:
1 L’étude à grande échelle menée par Helena Darwin auprès de femmes portant la kippa a recueilli 513 réponses à la question « Que signifie pour vous le fait de porter la kippa, selon vos propres mots ? ». L’ auteure a classé les principales significations et motivations en cinq catégories : « pratiquer le judaïsme », « se sentir juive », « avoir l’air juive », « marqueur de statut » et « (dé)construire le genre ». Darwin conclut que « les résultats suggèrent que les femmes ne portent pas nécessairement la kippa pour faire une déclaration sur l’égalité des sexes ; elles la portent plutôt pour les mêmes raisons que les hommes, c’est-à-dire pour « être juives », « se sentir juives », « avoir l’air juives » et signifier un statut…
Elles ne portent pas la kippa pour protester contre le judaïsme ou pour le changer radicalement, mais plutôt pour participer plus pleinement à certains aspects de la religion dont elles ont été historiquement « exemptées ». » Helana Darwin, « Jewish Women’s Kippot: Meanings and Motives », Contemporary Jewry 37, n° 1 (2017), p. 85, 95. Voir également la petite étude d’Amy Milligan sur les lesbiennes juives Amy K. Milligan, «Expanding Sisterhood: Jewish Lesbians and Externalizations of Jewishness », Journal of Lesbian Studies 18 (2014) : 437-55. Milligan écrit : « Bien que le port du « tallit » et de la kippa ne soit pas obligatoire pour les juifs libéraux contemporains, leur renouveau témoigne d’un intérêt et d’un engagement à extérioriser leur judaïté. Plus précisément, les lesbiennes juives adoptent des symboles qui ont historiquement défini l’identité juive. Ce faisant, elles font de la kippa et du « tallit » des marqueurs contemporains de leur « statut d’initiées ». Milligan, « Expanding Sisterhood », 449.
2 En conséquence, cette « »techouva» » traite de la pratique du couvre-chef chez les femmes et non de l’habitude de se couvrir les cheveux chez les femmes après le mariage. Je ne fournis pas un aperçu de la littérature halakhique sur l’habitude de se couvrir les cheveux chez les femmes et le mariage. Les sources que j’évoque utilisent donc toutes le vocabulaire du couvre-chef et non celui de l’habitude de se couvrir les cheveux. Pour un aperçu complet de la littérature halakhique sur l’habitude de se couvrir les cheveux des femmes pour le mariage, voir Michael Broyde,« Hair Covering and Jewish Law: Biblical and Objective (Dat Moshe) or Rabbinic and Subjective (Dat Yehudit) ? », Tradition: A Journal of Orthodox Jewish Thought 42, n° 3 (2009) : 97-179. Sur l’expérience des femmes israéliennes orthodoxes modernes contemporaines et l’habitude de se couvrir les cheveux pour le mariage, voir Valeria Seigelshifer et Tova Hartman, « From Tichels to Hair Bands: Modern Orthodox Women and the Practice of Hair Covering », Women’s Studies International Forum 34 (2011) : 349-59.
3 Le CJLS a reconnu l’obligation égale des hommes et des femmes dans מצות עשה שהזמן
גרמה. Voir Pamela Barmash, “Women and mitsvot” https://www.rabbinicalassembly.org/sites/default/files/assets/public/halakhah/teshuvot/
2011-2020/womenandhiyyuvfinal.pdf
4 À ma connaissance, aucune étude ethnographique n’a été menée sur les femmes qui choisissent de ne pas porter la kippa.
5 Voir T. Kelim (Bava Batra) 6:10 :
כפה של זקינה שהיא טמא מדרס ונתנוהו לספר ר’מאיר מטהר ור’יוסי מטמא
Une kippa appartenant à une femme âgée qui la rend impure en la piétinant, et qu’elle a donnée à un tailleur : R. Meir [la déclare] pure et R. Yosi [la déclare] impure.
6 Il s’agit notamment des perruques (קפלטין), des paniers, des rubans et des bandeaux.
7 La version du Talmud de Babylone de cette « baraïta » autorise une femme à vendre des biens pour quatre ou cinq dinars afin de se confectionner une kippa pour la tête (B. Bava Kamma 119b).
8 Or Zaroua explique que kippa fait référence à un foulard (׳פי כפה צעיף ) Or Zarua 3, Piskei Bava Kamma 468. Cela peut être exact ou non. Il faut veiller à ne pas confondre cette kippa ancienne avec le vêtement contemporain que nous appelons kippa.
9 Le cas spécifique est celui où un mari absent prend des dispositions pour sa femme par l’intermédiaire d’un fiduciaire.
10 Rashi suggère que le mot « kippa » désigne un foulard.
11 L’histoire de Kimhit peut être comprise de la même manière :
שבעה בנים היו לה לקמחית וכולן שימשו בכהונה גדולה שלחו חכמים ואמרו לה מה
מעשים טובים יש בידך אמרה להן יבא עלי אם ראו קורות ביתי שערות ראשי ואימרת
חלוקי
Kimhit avait sept fils qui étaient tous grands prêtres. Les sages lui envoyèrent [une question] et lui dirent : « Quelles bonnes actions as-tu à ton actif ? » Elle leur répondit : “Que le malheur m’atteigne si les poutres de ma maison voient les cheveux de ma tête et les coutures de ma tunique.” (Y. Yoma 1:1, 38d).
Notez toutefois que le Talmud de Jérusalem décrit Kimhit comme couvrant ses cheveux et non sa tête. Cette histoire traite donc du fait de se couvrir les cheveux par modestie et non du port du couvre-chef. Comme je l’ai déjà mentionné, dans cette « techouva», j’utilise des sources qui se concentrent sur les femmes et le port du couvre-chef. À propos de Kimhit, voir Marjorie Lehman, « Kimchit as Heroine: The Stories that Form Us », http://thegemara.com/kimchits-head-covering-between- rabbis-and-priests/
12 Sur le terme “kavod” en référence à la présence physique de Dieu, voir Ben Sommer Benjamin D. Sommer, The Bodies of God and the World of Ancient Israel (New York : Cambridge University Press, 2009), 60-62. Voir également Rashi :
מלא כל הארץ כבודו. משמע משתרבב ויורד למטה והזוקף קומתו נראה כדוחק
La terre est remplie de Sa gloire. Cela signifie que [la gloire de Dieu] descend et se répand [dans le monde] et que celui qui se tient droit semble la repousser.
13 Voir également la déclaration de Rav Houna dans B. chabbat 118b selon laquelle il devrait recevoir une récompense pour ne pas avoir marché quatre coudées sans se couvrir la tête.
14
עיטוף. רב פפא מעטף ויתיב. רב אסי פריס סודרא על רישיה
Envelopper. Rav Pappa s’enveloppait de son châle, puis s’asseyait ; Rav Asi étendait un foulard sur sa tête. (B. Berakhot 51a)
15 B. Berakhot 60b. D’après la liste du « tallit » et des « tefillin » et les bénédictions qui les accompagnent dans le cadre du rituel matinal, il est clair que le Talmud de Babylone pense aux hommes.
16 La pratique consistant à diriger le chema (porès et chema) est souvent décrite comme un rituel responsorial dans lequel une personne récite une ligne du chema, puis la communauté la répète. Ezra Fleischer soutient que diriger le chema décrit une pratique rituelle publique où une personne récite la première ligne, la communauté répond « baroukh chem kevod malkhouto le-olam vaed » (béni soit le nom glorieux de sa royauté pour toujours) puis tous continuent à réciter le chema ensemble. Israël Knohl défend l’idée d’un rituel où une personne lit l’intégralité du chema pour la communauté, symbolisant ainsi l’acceptation des commandements. Ezra Fleischer, « Towards a Clarification of the Expression ‘Poreis ‘Al chema’’ (פורס על שמע) », Tarbiz 41, n° 2 (1972) : 133-44 ; Israel Knohl, « A Parasha Concerned With Accepting the Kingdom of Heaven », Tarbiz 53, n° 1 (1983), 11-15.
17 Comme le fait remarquer le rabbin David Frankel, on trouve un parallèle à ce texte dans M. Megillah 4:6. La michna omet toutefois les détails concernant le couvre-chef, tout comme la sougya Bavli qui suit. À l’époque talmudique, il était permis de réciter le chema, de lire la Tora, d’agir en tant que chef de prière et de réciter la bénédiction sacerdotale sans se couvrir la tête. http://responsafortoday.com/vol6/1_3.pdf
18 Dans ce passage, R. Frankel suit les opinions antérieures du commentaire d’Albeck sur M. Megillah 4:6. Frankel, 56 n.27 חבישת כיפה.
19 La plupart des manuscrits du Lévitique Rabba ont une version « inspecter » (לקנח) et non « couvrir » (לכסות). Le manuscrit Oxford écrit bien מלכסות, mais cela est corrigé en מלקנח. Le subtil changement de « inspecter » à « couvrir » reflète à nouveau la réécriture de ce midrach par Or Zaroua. Voir Lévitique Rabba 19:4, Par. Metsora (éd. Margulies 425-426).
20 La suite de ce passage est citée à la fois par le rabbin Frankel et le rabbin Ovadia Yosef (Yabia Omer Orah Hayyim 7:15) comme preuve d’une coutume française selon laquelle les hommes récitent les bénédictions à tête découverte.
ואין נראה בעיני מנהג רבותי’שבצרפת שמברכין בראש מגולה ובשמחת תורה נהגו לקרות קטנים ומזכירים הזכרה בראש[מגולה]וא« י איך לקיים המנהג אם לא כת »ק דיש אומרים דמס’ סופרים.
Et la coutume de nos rabbins en France ne me semble pas appropriée, selon laquelle ils récitent les bénédictions la tête découverte. Et lors de Simhat Torah, la coutume veut que les mineurs lisent la Torah et récitent le nom de Dieu à tête découverte. Et je ne sais pas comment justifier cette coutume si ce n’est en suivant la première opinion du « et il y a ceux qui disent » du traité Soferim.
Voir également Jacob Zallel Lauterbach, « Should One Cover the Head When Participating in divine worship? », dans Études sur la loi, les coutumes et le folklore juifs (New York : Ktav Publishing House, 1970), 235-36. Il est à noter que bien que les réponses du rabbin Frankel et du rabbin Yosef concernent le couvre-chef des femmes, aucune ne fait référence à ce passage d’Or Zaroua qui traite explicitement du couvre-chef des femmes.
21 Le CJLS a depuis longtemps convenu que les femmes peuvent lire la Tora et que cela ne contredit pas le « kavod ha-tsibbour ». Procès-verbaux du Comité sur la loi juive et les normes du mouvement Massorti 1927-1970, 3 (New York : The Rabbinical Assembly, 1997) 1086-1108.
22 Bien que l’on puisse interpréter le commentaire d’Isserles comme s’appliquant uniquement aux hommes, la catégorie privilégiée de lecteurs du lectionnaire, cette interprétation semble moins plausible. Comme je l’ai indiqué ci-dessus, Isserles ne mentionne pas explicitement de différence entre les hommes et les femmes, contrairement à Or Zaroua.
23 Michne Tora, Lois de la prière 5:1. Les vêtements mentionnés par Rambam, tels que la chemise de corps, sont des vêtements masculins. Notez que la décision de Rambam s’applique uniquement à la « amida »,
24 Voir également Choulhan Aroukh Orah Hayyim 91:5.
25 Voir Frankel, 50 חבישת כיפה sur ce point.
26 Voir par exemple Choulhan Aroukh Orah Hayyim 91:1-6.
27 La pratique contemporaine des hommes juifs nord-américains qui portent une kippa en permanence, en dehors de la synagogue et de leur domicile, est un phénomène relativement récent. Chez les hommes orthodoxes, cette pratique semble s’être établie au début des années 1960, dans le cadre d’une déclaration publique plus large de l’identité et de la fierté orthodoxes. Voir Lawrence Grossman, « The Kippah Comes to America », dans Continuity and Change: A Festchrift in Honor of Irving Greenberg’s 75th Birthday, éd. Steven T. Katz et Steven Bayme (Lanham : University Press of America, 2010), 138-143. Pour les hommes Massortis, cette pratique était liée au renouveau juif qui a commencé dans les années 1970 pour tous les Juifs. Sur le renouveau de la pratique juive, voir Jonathan D. Sarna, American Judaism: A History (New Haven : Yale University Press, 2004), 323-333. Voir également la thèse de licence d’ Aminadav Grossman qui soutient que, contrairement à l’opinion populaire, la kippa était déjà couramment portée en public avant la guerre de 1967. https://history.columbia.edu/wcontent/uploads/sites/20/2017/07/Aminadav Grossman.pdf. La kippa crochetée, ou kippa srougah, est devenue populaire en Israël après la guerre de Kippour de 1973. Voir Darwin, « Jewish Women’s Kippot », 3. Sur la question de savoir si les non-juifs doivent porter un couvre-chef dans une synagogue, voir « Non Jews and Kippah in the Synagogue» https://www.rabbinicalassembly.org/sites/default/files/assets/public/halakhah/teshuvot/20052010/Kippah%20JaySteinfinal.pdf
28 Voir également le commentaire du rabbin David Frankel (שיירי קרבן) sur Y. Ketoubot 7:6, 44b qui interprète ce passage et en conclut que les femmes mariées comme les femmes célibataires doivent se couvrir la tête. Il ne se préoccupe toutefois pas du couvre-chef, mais de la couverture des cheveux.
29 Ovadia Yosef ajoute également une préférence pour le couvre-chef lors de la récitation du « birkat ha-mazon », en tant que commandement de la Tora (de-oraïta). Dans la version plus concise de cette «techouva», R. Yosef préconise le couvre-chef pour les femmes lorsqu’elles récitent une bénédiction, lisent le Tanakh ou prononcent le nom de Dieu (Yehaveh Da’at 5:6). Voir également R. Ovadia Hedaya (Yaskil Avdi 7:389a) et R. Matzliah Mazuz (Ish Matzliah Orah Hayyim 24). Dans l’esprit de:
אין גוזרין גזרה על
הציבור אא”כ רוב ציבור יכולין לעמוד בה
(on ne prend pas de décision pour la communauté à moins que la majorité de la communauté puisse s’y conformer ; B.Avodah Zarah 36a ), j’ai intentionnellement omis d’aborder ces autres contextes du port du couvre-chef dans la «techouva», préférant traiter une question plus limitée et préconiser une pratique que je considère comme possible plutôt qu’une pratique que je considère comme actuellement impossible pour la plupart des femmes. Pour les femmes qui adoptent la pratique pieuse de se couvrir la tête en permanence, תבוא עליהן ברכה (qu’une bénédiction soit sur elles).
30 Sur la tradition mizrahi des décisions préconisant ce que l’auteur appelle le couvre-chef pour les femmes célibataires, voir Ilan Fuchs, « Hair Covering for Single Women: A New Reading of Mizrahi Halakhic Rulings », Nashim: A Journal of Jewish Women’s Studies and Gender Issues 23 (2012) : 35-39. R. Yosef note également cette coutume des femmes mizrahi célibataires qui portent un couvre-chef.
31 Voir par exemple Michne Tora, Hilkhot Tefillah 1:2
32 Dans la définition du « kavod ha-tsibbour », il est essentiel que l’honneur de la congrégation ne soit pas déterminé uniquement par la pratique masculine. Les voix et les coutumes des hommes et des femmes doivent faire partie de la prise de décision.
https://www.rabbinicalassembly.org/sites/default/files/kanarek_-_headcovering_for_women_and_girls_-_nov_2019_final.pd