Le cycle de la vie
Le synagogues Massorti sont à vos côtés dans tous les actes de la vie juive!
Dans le judaïsme, le cycle de la vie est jalonné de rituels et de traditions qui marquent chaque étape significative, de la naissance à la mort, enracinés dans la Torah, le Talmud et les coutumes transmises à travers les générations. Ces pratiques incarnent les valeurs fondamentales du judaïsme : la sanctification de la vie, la relation avec Dieu et l’engagement communautaire. Dans cette section, nous explorons ces étapes – naissance, majorité religieuse, mariage et décès – à travers la sensibilité du mouvement Massorti, qui allie un profond respect pour la tradition juive à une approche ouverte et égalitaire, adaptant les rituels aux réalités contemporaines tout en préservant leur sens spirituel et éthique. Nous mettrons en lumière comment le mouvement Massorti célèbre ces moments clés, en intégrant des perspectives inclusives et modernes tout en restant fidèle à l’héritage juif.
Brit Milah : L’alliance de la circoncision
La Brit Milah (en hébreu : בְּרִית מִילָה, littéralement « alliance de la circoncision ») est l’un des commandements fondamentaux du judaïsme, ordonné par Dieu à Abraham dans la Torah (Genèse 17:9-14). Ce rituel consiste en la circoncision du prépuce d’un garçon juif, marquant son entrée dans l’alliance entre Dieu et le peuple d’Israël.
Origine et signification
La Brit Milah est le signe physique et spirituel de l’alliance (brit) entre Dieu et les descendants d’Abraham. Elle symbolise :
- L’engagement du peuple juif à suivre les commandements divins.
- La sanctification du corps, en le consacrant à une vie de sainteté et de moralité.
- La continuité de la tradition juive, transmise de génération en génération depuis Abraham. Elle est considérée comme une mitsva positive essentielle, au point que la Torah stipule qu’un homme non circoncis est « retranché » spirituellement de son peuple (Genèse 17:14).
Conditions et moment
- Qui : Tout garçon juif (né d’une mère juive ou converti au judaïsme) doit être circoncis. Si le père ne l’organise pas, la responsabilité incombe à la communauté ou, à l’âge adulte, à l’individu lui-même.
- Quand : La Brit Milah a lieu le 8e jour après la naissance, même si c’est Chabbat ou un jour de fête, à condition que l’enfant soit en bonne santé. Si des raisons médicales exigent un report (par exemple, jaunisse ou maladie), la cérémonie est repoussée jusqu’à ce que l’enfant soit prêt.
- Exceptions : Dans de rares cas, comme une condition médicale permanente, la circoncision peut être contre-indiquée, mais cela nécessite une consultation rabbinique.
Déroulement de la cérémonie
La Brit Milah est un moment de grande joie, réunissant famille et communauté. Voici les étapes principales :
- Lieu : Généralement à la maison, à la synagogue ou dans un centre communautaire.
- Acteurs clés :
- Le mohel : Un expert formé à la circoncision rituelle, alliant compétences médicales et connaissances halakhiques.
- Le sandak : Une personne honorée (souvent un grand-parent) qui tient l’enfant sur ses genoux pendant l’acte.
- Les parents, la famille et les invités.
- Rituel :
- L’enfant est apporté dans la pièce, souvent accompagné de chants comme « Baroukh Haba » (Bienvenu).
- Le mohel récite une bénédiction avant la circoncision : « Béni sois-Tu… qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as ordonné la circoncision. »
- La circoncision est effectuée rapidement et avec soin, suivant les règles strictes de la halakha.
- Le père récite une bénédiction : « Béni sois-Tu… qui nous as ordonné de faire entrer [l’enfant] dans l’alliance d’Abraham notre père. »
- Une prière est dite pour la santé de l’enfant, et son nom hébraïque est annoncé officiellement.
- Des bénédictions sur le vin (Kiddouch) et des prières spécifiques sont récitées.
- Repas festif : Un séoudat mitsva (repas rituel) suit, avec des chants, des discours et des vœux pour l’enfant.
Perspective spirituelle
La Brit Milah est bien plus qu’un acte physique. Elle représente :
- Une alliance éternelle entre Dieu et Israël, gravée dans la chair.
- Une discipline spirituelle, enseignant que même les instincts naturels doivent être sanctifiés.
- Un moment de connexion communautaire, où l’enfant est accueilli dans le peuple juif.
Selon la tradition, le prophète Élie est symboliquement présent à chaque Brit Milah (d’où la « chaise d’Élie » réservée lors de la cérémonie), soulignant l’importance messianique de ce rituel.
Aspects pratiques et modernes
- Santé et sécurité : Aujourd’hui, les mohelim sont souvent formés aux normes médicales modernes, utilisant des instruments stériles. Dans certains cas, un médecin peut collaborer avec le mohel.
- Controverses : Dans certains contextes séculiers, la Brit Milah est débattue pour des raisons éthiques ou médicales, mais dans le judaïsme, elle reste une pratique quasi universelle, sauf en cas de danger pour l’enfant.
- Conversion : Pour les hommes convertis au judaïsme, la Brit Milah (ou une goutte de sang symbolique si déjà circoncis) est requise.
Conclusion
La Brit Milah est un pilier du judaïsme, scellant l’alliance divine avec chaque garçon juif. Avec le Zeved Habat et le Pidyon HaBen, elle forme un ensemble de rituels qui célèbrent la vie, la gratitude et l’appartenance au peuple juif, tout en respectant les rôles et particularités de chaque enfant. Ces cérémonies, ancrées dans la Torah et enrichies par la tradition, renforcent les liens familiaux, communautaires et spirituels.
Zeved Habat : Une célébration pour la naissance d’une fille
Le Zeved Habat (en hébreu : זֶבֶד הַבַּת, littéralement « don de la fille ») est une cérémonie juive célébrant la naissance d’une fille. Bien que moins codifiée que d’autres rituels comme la Brit Milah (circoncision) pour les garçons, cette cérémonie a gagné en popularité dans les communautés juives, en particulier parmi les séfarades, mais aussi chez certains ashkénazes modernes.
Origine et signification
Le terme « Zeved Habat » provient d’un verset de la Genèse (24:1) où le mot « zevad » signifie un don ou une bénédiction. Cette cérémonie reflète la gratitude des parents envers Dieu pour le cadeau d’une nouvelle vie, une fille, et marque l’entrée de l’enfant dans la communauté juive. Elle met également en valeur le rôle spirituel des femmes dans le judaïsme, en tant que membres égaux du peuple juif et celles qui (comme leurs frères) recevront, transmettront et innoveront les anciennes traditions.
Déroulement de la cérémonie
Il n’existe pas de rituel universellement fixé, mais voici les éléments typiques :
- Moment : La cérémonie a souvent lieu dans les 30 premiers jours après la naissance, parfois le premier Chabbat ou un jour de fête, mais les coutumes varient.
- Lieu : Elle se tient généralement à la maison ou à la synagogue, en présence de la famille et de la communauté.
- Nomination : Un moment central est l’annonce officielle du nom de la fille, souvent accompagnée d’explications sur le choix du nom (en mémoire d’un ancêtre, par exemple). Dans les communautés ashkénazes, une prière appelée Mi Cheberakh est récitée pour bénir la mère et l’enfant.
- Bénédictions : On récite des bénédictions de gratitude (Chehéhéyanou pour remercier Dieu d’avoir atteint ce moment) et des prières pour la santé et le bien-être de l’enfant.
- Repas festif : Comme pour toute célébration juive, un séoudat mitsva (repas rituel) accompagne souvent l’événement, avec des chants, des discours et des vœux.
Perspective spirituelle
Le Zeved Habat souligne l’égalité spirituelle entre garçons et filles devant Dieu, même si leurs rôles rituels diffèrent. C’est une manière d’honorer la féminité juive et de reconnaître la joie qu’apporte une fille dans la famille et la communauté.
Pidyon HaBen : Le rachat du premier-né
Le Pidyon HaBen (en hébreu : פִּדְיוֹן הַבֵּן, « rachat du fils ») est une cérémonie biblique obligatoire pour le rachat symbolique du premier-né mâle d’une mère juive. Ce rituel est profondément enraciné dans la Torah et la tradition juive.
Origine et signification
Le Pidyon HaBen tire son origine de l’Exode (13:2, 13:11-16) et des Nombres (18:15-16). Dans la Torah, Dieu déclare que tout premier-né mâle (humain ou animal) appartient à Lui, en souvenir de la dixième plaie en Égypte, où les premiers-nés égyptiens furent frappés, mais ceux des Israélites furent épargnés. Les premiers-nés des Israélites étaient initialement destinés à servir Dieu dans le sanctuaire, mais après le péché du Veau d’or, cette fonction fut transférée aux Lévites. Les premiers-nés non-lévites doivent donc être « rachetés » symboliquement pour être libérés de cette obligation.
Conditions pour le Pidyon HaBen
Le rituel s’applique uniquement dans les cas suivants :
- L’enfant est un garçon, premier-né de sa mère (par naissance naturelle, pas par césarienne selon certaines opinions).
- La mère n’a pas eu de fausse couche ou d’avortement préalable ayant atteint un certain stade de développement fœtal.
- Ni le père ni la mère ne sont de la tribu de Lévi ou de la famille des Cohanim (prêtres), car ceux-ci sont exemptés.
- L’enfant est né d’une mère juive.
Déroulement de la cérémonie
- Moment : Le Pidyon HaBen a lieu le 31e jour après la naissance (sauf si c’est Chabbat ou un jour de fête, auquel cas il est reporté).
- Lieu : Généralement à la maison ou dans un lieu communautaire, en présence d’un Cohen (descendant de la famille sacerdotale).
- Rituel :
- Le père présente l’enfant au Cohen et déclare que c’est son premier-né.
- Le Cohen demande au père s’il préfère donner l’enfant ou le racheter.
- Le père choisit de racheter l’enfant en donnant au Cohen cinq pièces d’argent (environ 100 grammes d’argent pur, selon la valeur fixée par la Torah). De nos jours, on utilise souvent des pièces spéciales ou une somme équivalente.
- Des bénédictions sont récitées, notamment pour remercier Dieu de cette mitsva.
- Le Cohen bénit l’enfant et rend l’argent au père dans certaines communautés (par générosité).
- Repas festif : Comme pour le Zeved Habat, un séoudat mitsva suit souvent, avec des prières et des chants.
Perspective spirituelle
Le Pidyon HaBen nous rappelle la souveraineté de Dieu sur chaque vie et la gratitude des parents pour leur enfant. Il symbolise aussi la transition du premier-né d’une obligation sacerdotale à une vie « ordinaire », tout en sanctifiant cet acte par une mitsva. Ce rituel renforce le lien entre le peuple juif, son histoire (l’Exode) et sa relation avec Dieu.
La Bar / Bat Mitsva
Nous considérons que la Bar / Bat Mitsva constitue un moment spirituel et identitaire marquant de l’existence d’un jeune.
Selon la Tradition, un garçon devient bar-mitsva à treize ans et un jour, une fille bat-mitsva à douze ans et un jour, indépendamment de toute cérémonie. Mais puisqu’il s’agit de célébrer le sortir de l’enfance et les premiers pas d’une vie adulte responsable sur un plan moral et religieux, un rite de passage a été instauré qui consiste à accomplir une partie du rituel synagogal. L’objectif de ce rite est de faire prendre à l’enfant pleinement conscience de son identité juive et des valeurs du judaïsme, sur un plan tant moral que spirituel, de le familiariser avec l’univers de la pratique synagogale, ainsi que de susciter chez lui une réflexion sur sa propre place de nouvel adulte responsable.
Si vous souhaitez que votre enfant prépare et fête sa Bar/Bat Mitsva, nous vous invitons à prendre contact avec nous Massorti France afin de trouver la synagogue susceptible de vous accompagner dans cette joie.
Houppah / Mariage
MAZAL TOV !
Vous avez choisi de vous unir selon les rites juifs : Mazal Tov !
Le Mariage constitue un engagement important dans le judaïsme. C’est sur cet acte que repose la création d’un foyer juif digne de ce nom qui engagera toute une famille sur la voie du Judaïsme. Voici comment se déroule la cérémonie dans le rite Massorti.
Avant même la cérémonie, le rabbin fait signer au fiancé ou hatan les différents documents liés au contrat de mariage (la ketouba) en présence des témoins et de la famille proche. À cette occasion, le hatan soulève un mouchoir tout en tenant la ketouba. Cet acte symbolique appelé kinyan constituait à l’époque talmudique une forme de signature visuelle devant témoins de l’approbation des conditions du contrat. Les documents qui engagent le hatan envers son épouse lui seront remis sous le dais nuptial. C’est la raison pour laquelle elle n’a pas à le signer.
La cérémonie commence avec l’arrivée de la fiancée, appelée kala. Après quelques jours de séparation, les mariés vont se retrouver sous le dais nuptial ou houppa. Celui-ci symbolise le foyer où l’époux accueillera son épouse, comme ce fut le cas pour le premier couple humain, Adam et Eve, ainsi qu’il est écrit : « Et Dieu présenta la femme à Adam » (Genèse 2:22). C’est jusqu’au seuil de la houppa que la kala est accompagnée par ses parents, avant qu’ils ne s’en séparent pour lui permettre d’engager sa nouvelle vie. Le hatan vient l’y accueillir. Avant de l’inviter sous le dais, il s’assure de son identité en soulevant délicatement son voile. Cette coutume porte le nom de « bedecken». Elle fait référence à la mésaventure de Jacob : celui-ci, après sept années de labeur pour gagner la main de Rachel, s’aperçut un peu tard qu’il avait été uni à son insu à Léa, la sœur de sa promise… Plus fondamentalement, il s’agit d’aller à la rencontre « du visage de la fiancée », kabbalat panim, par l’accueil le plus personnalisé qui soit : celui de l’âme reflétée par le regard et le visage. Le hatan invite alors la kala à le rejoindre sous la houppa. Il est une coutume achkénaze qui veut que la kala tourne alors sept fois autour du hatan, pour marquer les différentes étapes spirituelles de l’approche et de l’union des âmes.
Une fois les mariés installés, le rabbin accueille les fiancés et appelle la bénédiction divine sur eux : « Que Celui qui est le Maître des bénédictions élevé au-dessus de tous bénisse le fiancé et la fiancée ! » Le rabbin adresse son discours aux fiancés en présence de toute l’assemblée pour célébrer l’événement. Il récite ensuite la bénédiction sur le vin ainsi que la bénédiction nuptiale (Birkat ha-iroussin) qui correspondait jadis aux fiançailles : « Tu es source de bénédiction, Éternel notre Dieu, Souverain du monde, créateur du fruit de la vigne. Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, Souverain du monde, qui nous as sanctifiés par Tes commandements, as réglementé la sexualité (interdisant les unions illicites mais autorisant l’union conjugale), en proscrivant l’union à celle qui n’est encore que promise et en prescrivant l’union à celle avec qui l’on se marie sous un dais nuptial selon la loi. Tu es source de bénédiction, Toi qui sanctifies Israël par le dais nuptial et la loi conjugale. » Lors de la récitation des bénédictions, il est de coutume que l’assemblée dise « baroukh hou baroukh chemo » (Que Dieu et Son Nom soient bénis) en entendant le nom de Dieu, puis « amèn » à la fin de chaque bénédiction. De la sorte, l’assemblée contribue elle-même à la bénédiction des mariés. Les fiancés boivent ensuite à la coupe. Après quoi, le hatan est invité à passer la bague à l’index droit de la kala sous l’œil vigilant des deux témoins et de toute l’assemblée. Comme pour le kinyan, la remise de l’alliance est un acte symbolique qui scelle l’union juridique des époux. Juste avant d’accomplir ce geste, le fiancé s’adresse à sa fiancée en récitant la formule consacrée : « Par cet anneau, te voici accordée à moi, selon la loi de Moïse et d’Israël » L’assemblée s’exclame alors : « mekoudéchet ! », reconnaissant la consécration de la fiancée à son mari, appelée « kiddouchin ». L’index de la main droite est le doigt qui doit accueillir l’alliance car il a une fonction indicative et volontaire. En effet, c’est en acceptant volontairement l’anneau que la fiancée exprime son consentement à cette union, sans lequel le mariage ne saurait être valide.
La lecture de la Ketouba, le contrat de mariage, décline les devoirs de protection, de satisfaction et de respect du marié envers la mariée ainsi que la proclamation de l’inaliénabilité de ses biens personnels. Cet engagement instaure par réciprocité les devoirs de l’épouse envers son mari. Ce contrat est rédigé principalement en araméen. Le rabbin en fait un résumé en français : En ce … jour du mois de … 57.., correspondant dans le calendrier civil au …, …ème jour du mois de … de l’année …, dans la ville de …, en France, le fiancé … fils de … et de …, de son nom hébraïque, …, s’est engagé devant les témoins mentionnés dans la Ketouba à prendre pour épouse … fille de … et de …, de son nom hébraïque, …, selon la loi de Moïse et du peuple d’Israël, et selon les conditions édictées ci-dessous : il s’engage publiquement à la servir, à la chérir et à satisfaire à tous ses besoins, conformément aux règles édictées par notre Tradition exigeant des maris juifs de se comporter envers leur épouse avec le dévouement et le respect les plus intègres. Les devoirs de l’épouse envers son mari s’instaurent en conséquence par réciprocité. La fiancée et le fiancé apporteront de part et d’autre les moyens de subsistance qu’ils mettront en commun pour l’édification de leur foyer, conformément à ce qui est énoncé dans la Ketouba. Si, à Dieu ne plaise, les liens de leur mariage devaient prendre fin, selon les lois du divorce édictées par notre Tradition, le fiancé, s’engage publiquement à respecter scrupuleusement tous ses engagements envers la fiancée. Que l’Éternel, Souverain de l’univers, qui a créé l’homme et la femme, à Son image, bénisse et réjouisse le fiancé, …, et la fiancée, …. Que leur union soit, tout au long de leur vie commune, empreinte de joie et de bonheur, de liesse et d’allégresse, de chant, d’amitié et de fraternité, d’amour et de paix ! Le document est ensuite signé par le marié qui le remet solennellement à la mariée. Après la lecture, il est de coutume de procéder à une quête destinée aux nécessiteux. Les mariés veulent ainsi les associer à leur joie. Le mariage ne doit pas être une réjouissance égoïste oublieuse de la détresse des autres. Une autre coutume plus moderne est qu’ensuite la fiancée offre à son tour une alliance à son mari marquant ainsi la réciprocité de leurs liens. En tendant la bague, la fiancée récite un verset du Cantique des Cantiques (6:3) : Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi !
Le rabbin ou d’autres personnes associées récite(nt) les sept bénédictions ou chévâ berakhot. Il s’agit de bénir et de célébrer l’union effective des mariés devant Dieu et l’assemblée d’Israël. À l’époque talmudique, cette étape se produisait le plus souvent un an après l’engagement scellé par les kiddouchin. L’année était alors consacrée tant aux préparatifs de la seconde cérémonie qu’à l’édification du foyer conjugal. Les chévâ berakhot sont dites sur une seconde coupe de vin :
Tu es source de bénédiction, Éternel notre Dieu, Souverain du monde, créateur du fruit de la vigne.
Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, Souverain du monde, qui as tout créé pour Ta propre gloire.
Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, qui formes l’homme.
Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, qui as formé l’homme à Ton image et à la ressemblance de Ton modèle en l’édifiant pour l’éternité. Tu es source de bénédiction, Toi qui crées l’homme.
Que la femme qui était stérile se réjouisse et exulte lorsqu’elle verra sa progéniture enfin réunie autour d’elle dans l’allégresse. Tu es source de bénédiction, Toi qui combles Sion de bonheur par la présence de ses enfants.
Réjouis ce couple qui s’aime comme Tu T’es Toi-même réjoui en créant le premier couple humain dans le jardin d’Eden. Tu es source de bénédiction, Toi qui réjouis le fiancé et la fiancée.
« Tu es source de bénédiction, Éternel notre Dieu, Souverain du monde, qui as créé la liesse et l’allégresse, le fiancé et la fiancée, l’éclat de la joie, l’amour et la fraternité, la paix et l’amitié. Ô Éternel notre Dieu, que bientôt dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, on entende à nouveau les voix de l’exaltation et de l’allégresse, les voix du fiancé et de la fiancée, les voix de la procession des mariés quittant le dais nuptial et celles des jeunes gens accompagnant la musique des festins. Tu es source de bénédiction, Toi qui célèbres l’union du fiancé et de la fiancée.
La coupe est à nouveau présentée au marié puis à la mariée, ainsi qu’à la famille proche et tous en boivent. Pendant les sept jours de réjouissance qui prennent effet à partir du mariage, les chevâ berakhot seront récitées à tout repas festif incluant les mariés et au moins dix adultes juifs.
À l’issue de la cérémonie, il est de tradition d’évoquer le souvenir de Jérusalem. Il s’agit de s’inscrire dans le projet de la rédemption future qui verra la ville sainte reconstruite et le Temple rebâti en maison de prière pour toutes les Nations. Le fiancé, ainsi que la fiancée si elle le souhaite, récite un verset tiré des Psaumes (137:5-6) :
Si je t’oublie, Jérusalem, oublie ma main droite, que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens plus de toi, si je ne t’élève pas, Jérusalem, au sommet de ma joie !
Ensuite, le marié brise un verre et l’assemblée exprime alors sa joie et ses vœux de bonheur en souhaitant « mazal tov ! » (Bonne étoile : Que la chance vous accompagne !). La coutume de briser un verre est d’origine talmudique. La première raison de ce geste est qu’il est nécessaire de toujours tempérer sa joie. S’y abandonner totalement, alors même qu’on est au sommet de sa joie serait considéré comme une attitude égoïste, indifférente envers la détresse des autres. Le verre brisé évoque également la destruction du Temple de Jérusalem et le caractère inachevé du monde dans lequel il reste à œuvrer pour le rendre meilleur.
Après la cérémonie du mariage, le couple s’isole quelques instants, le temps de se retrouver hors de l’agitation et de se remettre de ses émotions. Il s’agit en quelque sorte de concrétiser leur union du fait de se trouver en situation d’intimité. Ne vous inquiétez pas, ils ne tarderont pas à rejoindre leurs invités pour commencer les festivités du repas nuptial. Mazal tov !
Questions Réponses de nos autorités halakhiques sur le mariage :
Le deuil
Les funérailles selon le rite Juif
Les coutumes juives du deuil sont riches, structurées et codifiées et reflètent un équilibre entre le respect pour le défunt, le soutien à la communauté et un processus de guérison pour les endeuillés. Elles s’appuient sur la tradition juive, notamment la Halakha (loi juive), et varient légèrement selon les communautés (ashkénaze, séfarade, etc.). Voici un aperçu des principales pratiques, en respectant une logique chronologique allant des derniers jours d’agonie du défunt a la fin de la période de deuil.
Sont directement concernés par les règles traditionnelles du deuil : les parents proches, soit les fils et filles, époux et épouse, frères et sœurs, père et mère du défunt, dès lors qu’ils ont atteint leur majorité religieuse (12 – 13 ans).
Les fils (et filles, si elles le désirent) du défunt sont tenus de réciter le Kaddich durant la période qui leur est impartie mais en l’absence des enfants, les petits-enfants peuvent le faire, voire un parent ou ami proche (parfois un père ou une mère pour son fils ou sa fille, un mari pour sa femme, etc.).
Les autres membres de la famille ou amis proches s’associent au deuil en marquant leur soutien aux endeuillés : repas, procédures administratives, visites des endeuillés, présence lors du Shiva, etc. S’ils désirent prendre sur eux quelques règles du deuil (sauf le Kaddich), on ne les en empêche pas.
Ces différents rites sont là pour aider l’endeuillé, non pour ajouter à sa peine. Ils lui permettent de se consacrer pleinement à sa douleur, à ne pas la cacher, à l’exprimer même physiquement en se négligeant. Certains ne désirent pas suivre toutes ces coutumes, ils ne doivent pas en être culpabilisés. Par contre, ils doivent comprendre que l’ensemble de ces règles représente une sage manière de faire son deuil, de s’y plonger pleinement pour mieux en sortir. Ils est bon de faire confiance à la sagesse ancestrale des rites juifs qui connaissent la profondeur de l’âme humaine.
Avant l’enterrement :
Il n’est pas d’usage d’apporter des fleurs à un enterrement juif. Ce n’est pas pour autant un interdit strict et il n’y a pas à se formaliser si certaines personnes le font. Mieux vaut cependant donner de l’argent à une institution charitable ou à la synagogue en mémoire du défunt.
Par contre, chacun présent, à commencer par les proches, jette un peu de terre (trois poignées) sur le cercueil. Cela exprime le devoir d’enterrer un mort qui incombe à chacun et le retour à la poussière.
Pour l’enterrement, évitez les chaussures en cuir, les bijoux en or, tout signe de vanité.
- Inhumation rapide : Selon la tradition, l’enterrement doit avoir lieu le plus tôt possible (souvent dans les 24 heures), sauf pour des raisons pratiques ou légales.
- Kria (קריעה) : Les proches déchirent un vêtement (ou portent une bande noire déchirée) en signe de deuil.
- Kaddish : Le Kaddish des endeuillés est récité par les proches hommes (et parfois femmes, selon les courants) pendant et après l’enterrement.
- Couvrir la tombe : Les endeuillés participent à la mise en terre, en jetant de la terre dans la tombe – un geste symbolique très fort.
L’enterrement
Il n’est pas d’usage d’apporter des fleurs à un enterrement juif. Ce n’est pas pour autant un interdit strict et il n’y a pas à se formaliser si certaines personnes le font. Mieux vaut cependant donner de l’argent à une institution charitable ou à la synagogue en mémoire du défunt.
Par contre, chacun présent, à commencer par les proches, jette un peu de terre (trois poignées) sur le cercueil. Cela exprime le devoir d’enterrer un mort qui incombe à chacun et le retour à la poussière.
Pour l’enterrement, évitez les chaussures en cuir, les bijoux en or, tout signe de vanité.
- Inhumation rapide : Selon la tradition, l’enterrement doit avoir lieu le plus tôt possible (souvent dans les 24 heures), sauf pour des raisons pratiques ou légales.
- Kria (קריעה) : Les proches déchirent un vêtement (ou portent une bande noire déchirée) en signe de deuil.
- Kaddish : Le Kaddish des endeuillés est récité par les proches hommes (et parfois femmes, selon les courants) pendant et après l’enterrement.
- Couvrir la tombe : Les endeuillés participent à la mise en terre, en jetant de la terre dans la tombe – un geste symbolique très fort.
Shiv’a (שבעה) — Les sept jours de deuil
Après l’enterrement, les endeuillés observent la shiva, une période de sept jours (excepté Chabbat) de deuil intense. Ils restent à la maison, s’assoient sur des sièges bas (symbolisant l’humilité), portent des vêtements déchirés (kria), ne se rasent pas ni ne se coiffent, évitent les activités profanes (bain, travail) et reçoivent les visiteurs venus leur présenter leurs condoléances. Les prières, comme le Kaddish (prière pour le défunt), sont récitées quotidiennement.
Il est d’usage que la communauté prenne soin des besoins matériels des endeuillés (repas, visites…). Durant les sept premiers jours (le jour de l’enterrement compte pour le premier, le premier soir compte donc comme début du second jour), les endeuillés restent chez eux, sans sortir (sauf nécessité de se procurer de la nourriture mais en principe d’autres personnes devraient s’en occuper). Il importe de visiter les endeuillés durant leur deuil et de respecter leurs rythmes : ne pas s’imposer outre mesure, accepter les silences et les pleurs, être présent à celui qui souffre au mieux de vos forces. Dans tous les cas, prenez conseil auprès du rabbin.
Les endeuillés ne se font pas couper les cheveux (ni coupe, ni mise en pli), ne coupent pas les ongles, ne se rasent pas, ne se parfument pas, ne se frictionnent pas, ne se lavent que pour l’hygiène nécessaire, n’ont pas de rapports conjugaux. On ne revêt pas de vêtement fraîchement repassé.
En vue du Chabbat, il sera permis d’enlever le vêtement déchiré. Le Chabbat, les endeuillés ne montent pas à la Torah mais comptent pour le minyan. Le Chabbat l’emporte sur le deuil et l’on mange de la viande et on change de vêtements.
La journée du septième jour, on reprend un rythme de vie normal, on vaque à ses affaires, le deuil des sept jours et terminé. Si l’on peut, on ira ce jour rendre visite sur la tombe et y réciter quelques prières avec kaddish (si minyan).
Sheloshim (שלושים) — Les 30 jours
Les 30 jours suivant l’enterrement (incluant la shiva) marquent une période de deuil moins intense. C’est une période de deuil au second degré. La plupart des interdits sont levés (sauf de se raser, se couper les cheveux et mettre des vêtements neufs, les vêtements propres sont autorisés), mais on évite encore toute fête. On continue à dire quotidiennement le Kaddish.
Le trentième jour qui suit l’enterrement (et non du décès), on fait éventuellement une petite cérémonie commémorative (éventuellement une étude dédiée à la mémoire du défunt) mais ont fait de toute façon le Kaddish.
Deuil d’un parent — 12 mois Yahrzeit (יארצייט) — Anniversaire du décès
Pour le décès d’un parent (père ou mère), on continue à dire le Kaddish pendant onze mois, et on ne participe pas à des fêtes en dansant et en faisant éclater la joie.
Pour tout décès, après un an (à dater de l’enterrement), selon la date du calendrier juif, on fait une commémoration (au cimetière ou à la synagogue) : c’est le Yahrzeit. On dit le Kaddish, on récite le El malé rahamim ou la Ashkava (en semaine), on allume une veilleuse. On fait un don (pour la communauté, éventuellement objet cultuel ou culturel dédié à la mémoire du disparu, œuvres pour les nécessiteux).
Hakamat Matzevah (הקמת מצבה) — Inauguration de la stèle
En général, environ un an après le décès, on inaugure la pierre tombale (matzevah) avec des prières, des psaumes, parfois un discours, souvent au cimetière.
Visite des tombes
En principe on ne doit pas aller souvent sur une tombe. La vie doit reprendre ses droits et le deuil ne pas se prolonger au delà du nécessaire.
Il est de coutume néanmoins de rendre hommage aux proches en allant visiter leur tombe, la nettoyer, dire quelques psaumes…
Une très ancienne coutume demande que l’on pose une petite pierre sur le tombeau lors d’une visite.
Les parents non-juifs du défunt.
De plus en plus, du fait des mariages mixtes, des proches du défunt ne sont pas Juifs ou ont un statut non conforme avec la Halakha (enfants de père juif et de mère non-juive).
Ces proches peuvent très bien s’associer pleinement aux rites traditionnels du judaïsme et les pratiquer s’ils le désirent, car le deuil est avant tout le leur. Les règles de deuil sont faites pour accompagner et consoler, pas pour séparer ou heurter. Les proches parents non-juifs pourront donc se conformer à ces rituels.
Par contre, ils ne peuvent être comptés dans le minyan (quorum de 10 personnes juives nécessaire pour dire le kaddish), mais ils peuvent s’associer à la récitation du kaddish si un minyan est présent. Cela doit bien sûr être fait en accord avec le rabbin officiant.
Perte d’un grand-parent :
Les lois de deuil ne s’appliquent qu’aux proches au premier degré. On ne porte donc pas le deuil pour ses grands parents. Cependant on peut marquer le coup et chercher à exprimer sa douleur selon certains rites de la tradition : allumer une veilleuse, réciter éventuellement le kaddish, dire des psaumes.
On ne doit pas cependant tenir un rôle qui ne serait pas le sien et marquer le deuil de façon trop complète, on s’associe au deuil de façon volontaire, ce qui est différent. Il peut en être de même avec un ami proche, ou un parent éloigné qui a beaucoup compté.
Dans le cas où personne de proche ne dirait le kaddish, on peut prendre sur soi de le dire régulièrement pour la mémoire du défunt.
Présence des enfants à l’enterrement :
Il n’est pas nécessaire d’emmener un enfant à un enterrement. Cela peut être choquant pour lui. Par contre, on peut le faire dans certains cas et en prenant certaines précaution d’accompagnement. Ne pas emmener l’enfant assez mature peut provoquer chez lui un sentiment de frustration et d’exclusion.
Il faudra donc juger au cas par cas en sachant qu’il vaut mieux éviter à priori. Ne jamais insister en tout cas pour emmener un enfant, même un peu grand.
Judaïsme et crémation
La crémation est contraire à la tradition juive, mais de plus en plus pratiquée. Les rabbins Massorti acceptent d’organiser des prières traditionnelles au moment de la levée du corps, mais pas au crématorium. Voir la responsa ci contre dans la section « Questions et réponses »
Bibliographie
Épître de la vie – Guide des coutumes traditionnelles juives en situation de maladie grave et de deuil, de Jonathan Wittenberg (éd. In Press)
Kaddish par Wieseltier. Un très bon ouvrage, sorte de journal de deuil qui cherche à mieux comprendre le rite de la récitation du kaddish et le rapport à la tradition.
Si vous désirez entrer en contact avec un rabbin de sensibilité Massorti, vous pouvez vous adresser aux rabbins suivants :
Paris:
Josh Weiner, josh@adathshalom.fr
Rivon Krygier, rivon@free.fr
Yeshaya Dalsace, dalsaceyeshaya@gmail.com
Floriane Chinsky, florianechinsky@gmail.com
Nice:
Dabid Touboul, rabbin@massorti-nice.com






