Chemini Atséret est une fête intéressante, bien que déroutante.
Célébrée le huitième jour de Souccot, elle pose une question à toutes les générations : S’agit-il d’une fête à part entière ou simplement de la continuation de ce qui précède ? Pour les Juifs d’aujourd’hui, elle peut soulever encore plus de questions, comme celle de savoir ce qu’elle est et comment la célébrer.
Chemini Atséret vient directement de la Torah elle-même, dans le Lévitique 23. Le peuple est chargé d’observer Souccot, une fête des cabanes, et la fin du chapitre poursuit en parlant du loulav et de l’etrog. Mais entre les deux, il y a un verset crucial :
שִׁבְעַת יָמִים תַּקְרִיבוּ אִשֶּׁה לַיהֹוָה בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי מִקְרָא־קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם וְהִקְרַבְתֶּם אִשֶּׁה לַיהֹוָה עֲצֶרֶת הִוא כָּל־מְלֶאכֶת עֲבֹדָה לֹא תַעֲשׂוּ׃
Pendant sept jours, vous offrirez des offrandes consumées par le feu à Dieu, le huitième jour sera pour vous une sainte assemblée, et vous offrirez des offrandes consumées par le feu à Dieu — ce sera une atséret et vous ne ferez aucun travail.
C’est tout — c’est tout ce qu’elle a écrit.
Les rabbins sont confrontés à une question déroutante :
Chemini Atséret est-il une fête à part entière ou fait-il partie de Souccot ?
La preuve la plus solide qu’il s’agit d’une partie de Souccot est que son calendrier est directement lié à Souccot et qu’il se situe sans doute pendant la fête elle-même. Tout comme le huitième jour de Pessah, qui est également un jour où l’on ne travaille pas, le calendrier est basé sur la fête d’origine.
Lorsque l’on examine les pratiques des générations passées et présentes, il apparaît clairement qu’il existe une croyance largement répandue selon laquelle Chemini Atséret est une fête à part entière.
Il existe quelques domaines dans lesquels cette question sur Chemini Atséret est démystifiée.
Ancienne pratique du Temple
À l’époque du Temple de Jérusalem, une offrande particulière était apportée chaque jour de Souccot, mais chaque jour, l’offrande Moussaf était la même. Lors de Chemini Atséret, une offrande Moussaf différente était apportée.
Les Lévites chantaient également un psaume particulier dans le cadre de leur pratique de Souccot. Le jour de Chemini Atséret, ils chantaient un psaume différent, à savoir le psaume 12, qui commence par « Le huitième jour, psaume de David ».
Liturgie
C’est dans la liturgie que cette différence entre les fêtes est la plus facilement perceptible. Les insertions spéciales pour le Kiddouch et la Amida changent, passant de Souccot à Chemini Atséret. Ces insertions sont également utilisées pour Simhat Torah.
Pendant l’allumage des bougies et le Kiddouch, une prière Chéhekheyanou est ajoutée, signifiant que c’est la première fois que nous faisons cela dans l’année. Le huitième jour de la Pâque, il n’y a pas de Chéhekheyanou, car cela fait partie de la même fête célébrée plus tôt dans la semaine.
Il existe également une prière spéciale, Geshem, pour demander la pluie en Israël, que nous récitons lors de Chemini Atséret. Bien que ce ne soit pas une preuve définitive, une prière aussi importante ne serait probablement pas récitée un jour qui n’est pas également un jour férié à part entière.
S’asseoir dans la soucca et la bénir
La question de s’asseoir dans la soucca est la plus compliquée et la meilleure illustration de la tension qui existe pour déterminer si Chemini Atséret est une fête à part entière ou non. Les rabbins du Talmud, dans le Massekhet Souccah débattent pour savoir si l’on doit s’asseoir dans la soucca pour Chemini Atséret.
Ils discutent longuement, comme le fait le Talmud, et parviennent à une conclusion… en quelque sorte. Ils disent que si l’on est sûr que c’est le huitième jour, on ne réside pas dans la soucca, mais s’il y a un doute, on réside dans la soucca mais on ne dit pas la bénédiction.
Aujourd’hui (en dehors d’Israël), la pratique courante consiste à manger dans la soucca lors de Chemini Atséret, mais sans réciter la bénédiction spéciale. À Simhat Torah, la pratique veut que l’on ne s’assoie définitivement pas dans la soucca, et certaines personnes prennent soin de ne pas passer de temps dans la soucca afin de ne pas donner l’impression qu’elles s’y sont assises, car c’est encore Souccot.
La conclusion démystifiée sur Chemini Atséret ?
Il semble clair, à travers les pratiques qui se sont développées, que Chemini Atséret est une fête à part entière. Elle est unique en ce sens qu’elle n’est pas particulièrement unique : dans la plupart des traditions actuelles, il n’existe pas de rituels spécifiques à Chemini Atséret.
Chemini Atséret est une fête qui n’attend que vous pour l’adopter, lui trouver un sens plus profond et établir un nouveau lien personnel avec elle.

