Cinéma / Théâtre
Nuit de noces
Réalisé par Rachel Elitzur
Dans la tradition des juifs ultraorthodoxes, le mariage obéit à des rituels stricts : guidés par leur rabbin, les jeunes fiancés, parfois tout juste sortis de l’adolescence, se connaissent souvent à peine au moment de la cérémonie qui unira leurs destins. Pour ces jeunes gens élevés à l’écart de personnes de l’autre sexe, le mariage, aussi attendu que redouté, est souvent vécu comme une violence.
Un documentaire Israélien réalisé par une femme ultra-orthodoxe.
Le témoignage courageux de ces jeunes gens qui ont souffert du poids de leur éducation. De celui de la communauté ou ils ont été élevés.
Des jeunes gens élevés à l’écart de personnes de l’autre sexe, dans l’ignorance des réalités de la vie matrimoniale et de la sexualité. Quand le mariage est vécu comme une violence. Une désorientation. ..pour certains dans le silence et la résignation.
On reste médusés..ou interrogés parce que ça se passe chez nous…simplement. Des témoignages courageux. Alchimie ou pas. Tout est codifié. Une réalité sociologique totalement inconnue des cercles moins pratiquants.
L'enlèvement
Une œuvre du cinéaste Marco Belloccchio, sorti en 2023 (durée 2h)
Le film L’Enlèvement (Rapito en italien) réalisé par Marco Bellocchio et sorti en 2023 raconte effectivement l’affaire Mortara. Ce drame historique retrace l’enlèvement d’Edgardo Mortara, un enfant juif de Bologne, par les autorités pontificales en 1858, après qu’il eut été secrètement baptisé par une domestique catholique. Le film explore les circonstances de cet événement, ses répercussions sur la famille Mortara, et les tensions religieuses et politiques dans l’Italie du XIXe siècle, en pleine unification.
Bellocchio met en lumière les perspectives multiples – celles de la famille, de l’Église, et du contexte historique – tout en offrant une réflexion sur les abus de pouvoir et les questions de liberté individuelle. Le film a été salué pour sa mise en scène et son traitement nuancé de cette affaire controversée.
L’Enlèvement de Marco Bellocchio est très fidèle aux faits historiques dans ses grandes lignes : l’enlèvement, le contexte des États pontificaux, l’impact sur la famille Mortara, et les répercussions politiques et sociales. Cependant, il prend des libertés artistiques dans les dialogues, les émotions des personnages, et certains détails narratifs pour renforcer le drame et rendre l’histoire accessible à un public moderne. Ces écarts restent mineurs et ne dénaturent pas l’essence de l’affaire Mortara. Le film s’appuie sur des recherches historiques solides, ce qui en fait une représentation globalement fiable, tout en étant une œuvre cinématographique avec une vision artistique.
L’affaire Mortara serait un des évènements a l’origine de la création de l’Alliance Israélite Universelle en 1860 par 17 jeunes Juifs français, parmi eux Adolphe Crémieux, Narcisse Leven et Charles Netter, convaincus qu’il fallait venir en aide aux Juifs partout dans le monde
Le petit blond de la Casbah
Une œuvre du cinéaste Alexandre Arcady, sorti en 2023
Le film Le Petit Blond de la Casbah, réalisé par Alexandre Arcady, réalisateur d’origine juive algérienne, est sorti en 2023, et s’inspire de son enfance. L’histoire se déroule dans l’Algérie des années 1960, pendant la guerre d’indépendance, et reflète la vie d’une famille juive dans la Casbah d’Alger.
L’histoire suit Antoine Lisner, un cinéaste qui retourne à Alger, sa ville natale, avec son fils pour présenter un film retraçant son enfance dans l’Algérie des années 1960, à l’époque de la guerre d’Algérie. À travers des flashbacks, on découvre la vie insouciante d’Antoine, alors âgé de treize ans, dans un quartier populaire de la Casbah, entouré de sa famille colorée et de ses amis de diverses communautés, avant le départ forcé en 1962. Le film mêle comédie, drame et nostalgie, explorant des thèmes comme l’enfance, le cinéma et les bouleversements historiques, avec une reconstitution chaleureuse mais teintée de mélancolie.Le récit explore les relations intercommunautaires, y compris entre Juifs, Musulmans et autres groupes, avant le départ forcé de nombreux Juifs d’Algérie en 1962, un événement historique lié à la montée des tensions et à l’indépendance du pays. Cela ajoute une dimension culturelle et personnelle significative au film.
Une vie
Un drame biographique britannique réalisé par James Hawes, sorti en 2023 (durée 1h49)
Il retrace l’histoire vraie de Nicholas Winton, surnommé le « Schindler britannique », qui a sauvé 669 enfants, majoritairement juifs, de la Tchécoslovaquie occupée par les nazis à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Synopsis
Le film alterne entre deux périodes :
1938-1939 : Nicholas Winton, un jeune courtier en bourse londonien (interprété par Johnny Flynn), visite Prague après les accords de Munich et découvre la situation désespérée des familles juives fuyant les persécutions nazies. Avec l’aide de sa mère, Babette « Babi » Winton (Helena Bonham Carter), et de collaborateurs comme Doreen Warriner (Romola Garai) et Trevor Chadwick (Alex Sharp), il organise le sauvetage de centaines d’enfants via le Kindertransport, les faisant évacuer vers des familles d’accueil au Royaume-Uni. Malgré ses efforts, un dernier train de 250 enfants est stoppé par l’invasion nazie.
1988 : Un Nicholas Winton âgé (joué par Anthony Hopkins) est hanté par le sort des enfants qu’il n’a pas pu sauver. Sa femme, Grete (Lena Olin), l’encourage à trier ses archives, et un scrapbook détaillant ses actions est découvert. Cela attire l’attention des médias, et l’émission de la BBC That’s Life! organise une réunion émouvante où Winton rencontre certains des enfants qu’il a sauvés, désormais adultes.
Sortie : Première mondiale au Festival international du film de Toronto le 9 septembre 2023, sortie au Royaume-Uni le 1er janvier 2024, et en France le 21 février 2024 (distribué par SND).
Le film a reçu des critiques majoritairement positives. Sur Rotten Tomatoes, il obtient 91 % d’avis favorables (137 critiques, note moyenne de 7,3/10), saluant les performances, en particulier celle d’Anthony Hopkins, et l’émotion du récit. Metacritic note qu’« il faut un cœur de pierre pour ne pas être touché par cette histoire extraordinaire ».
One Life met en lumière l’héroïsme discret de Winton, son sentiment de culpabilité pour ceux qu’il n’a pas pu sauver, et l’importance de l’altruisme face à l’adversité. Le film célèbre la compassion humaine et rappelle l’actualité des crises de réfugiés. La reconstitution de l’émission That’s Life! est un moment fort, souvent cité pour son intensité émotionnelle.
La plus précieuse des marchandises
Un film d'animation franco-belge réalisé par Michel Hazanavicius, sorti en 2024.
Adapté du conte éponyme de Jean-Claude Grumberg (publié en 2019), il s’agit du premier film d’animation du réalisateur connu pour The Artist et OSS 117.
Située en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale, l’histoire se déroule dans une forêt enneigée où vivent un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne, confrontés au froid, à la faim et à la misère. Un jour, la bûcheronne découvre un bébé, jeté depuis un train de déportation traversant leur bois. Ce nourrisson, une petite fille juive, est lancé par son père dans un geste désespéré pour lui offrir une chance de survie face à l’horreur des camps, notamment Auschwitz. Recueillie par la bûcheronne, cette « précieuse marchandise » bouleverse la vie du couple et de ceux qui croisent son chemin, révélant à la fois le pire et le meilleur de l’humanité. Le récit, présenté comme un conte, alterne entre la tendresse d’une fable et la tragédie de la Shoah.
Michel Hazanavicius, qui entretenait une relation personnelle avec Jean-Claude Grumberg (ami de ses parents depuis l’adolescence), a été approché par le producteur Patrick Sobelman pour adapter le conte avant même sa publication. Initialement réticent à aborder la Shoah au cinéma, Hazanavicius a été séduit par la forme de conte, qui permet d’évoquer l’indicible sans verser dans l’obscénité. Il a lui-même réalisé les dessins de pré-production, marquant son implication artistique. Le projet, lancé en 2019, a été interrompu par la pandémie de Covid-19, avant de reprendre ce film. L’animation, produite par le studio 3.0 à Angoulême et Paris, combine des influences visuelles des premiers Disney, de la peinture du XIXe siècle (Gustave Courbet) et des estampes japonaises (Henri Rivière), avec des traits épurés et expressifs.
Le film a été largement salué pour sa délicatesse et sa puissance émotionnelle. Présenté en compétition au Festival de Cannes 2024, il a remporté le Prix du Cinéma Positif pour son message d’espoir et d’humanité. Il a également reçu le Magritte du Meilleur film étranger en coproduction en février 2025 en Belgique. Les critiques louent :
La simplicité et la beauté du récit, qui équilibre tragédie et espoir.
L’animation, dont le style visuel évocateur (lumières tamisées, nuances de gris) souligne l’horreur de la guerre tout en offrant un refuge poétique.
La narration de Jean-Louis Trintignant, dont la voix émouvante marque son dernier rôle, et les performances vocales de Dominique Blanc et Grégory Gadebois.
La musique d’Alexandre Desplat, bien que parfois jugée trop appuyée.
Le film a attiré 600 000 spectateurs en France depuis sa sortie (au 25 février 2025).