Henrietta Szold était une figure majeure de l’histoire juive américaine, du sionisme et du travail humanitaire. Ses contributions ont couvert l’éducation, le bien-être social et la création d’institutions qui continuent d’influencer les communautés juives et mondiales. Szold fut l’une des premières femmes à étudier au JTS, l’institution phare du judaïsme Massorti, fondée en 1886 à New York. Bien qu’elle n’ait pas pu être ordonnée rabbin en raison des restrictions de l’époque sur les femmes, sa présence au JTS marqua une étape importante pour l’inclusion des femmes dans l’érudition juive. Ses études au JTS, axées sur les textes juifs, l’histoire et les langues, renforcèrent son rôle comme intellectuelle respectée. Elle incarna l’idéal Massorti d’une érudition rigoureuse combinée à un engagement pratique dans la vie juive. Le kibboutz Kfar Szold en, en Haute Galilee a été nommé en son honneur.
• Origines : née à Baltimore, Maryland, de parents immigrés juifs hongrois, le rabbin Benjamin Szold et Sophie Schaar, Henrietta était l’aînée de huit filles. L’influence intellectuelle de son père et son engagement dans l’érudition juive ont façonné sa vision du monde.
• Éducation : Szold excellait académiquement, obtenant son diplôme à la Western Female High School de Baltimore. Elle fut l’une des premières femmes à étudier au Jewish Theological Seminary (JTS) de New York, bien qu’elle n’ait pas pu être ordonnée rabbin en raison des restrictions liées au genre. Ses études portaient sur les textes juifs, l’histoire et les langues, notamment l’hébreu, l’allemand et l’anglais.
• Début de carrière : Szold enseigna à l’école de la synagogue de son père et plus tard à la Misses Adams’ School à Baltimore. Elle contribua également à la vie intellectuelle juive en traduisant et éditant des oeuvres, notamment Legends of the Jews de Louis Ginzberg pour la Jewish Publication Society.
• Inspiration : en 1909, Szold visita la Palestine, alors sous domination ottomane, et fut bouleversée par les conditions sanitaires et sociales déplorables des communautés juives et arabes. Déterminée à agir, elle décida de s’attaquer à ces problèmes.
• Création de Hadassah : en 1912, Szold fonda l’Organisation sioniste des femmes Hadassah à New York. Initialement un petit groupe d’étude, l’organisation devint une force majeure axée sur la santé et le bien-être en Palestine. La vision de Szold combinait aide pratique et idéaux sionistes, mettant l’accent sur le rôle des femmes dans la construction nationale.
• Impact : Hadassah envoya des infirmières, créa des hôpitaux (comme le Hadassah Medical Center à Jérusalem) et développa des programmes de santé publique, incluant les soins maternels et la prévention des maladies. En 2025, Hadassah reste un leader
mondial en recherche médicale et en soins, ses hôpitaux traitant plus d’un million de patients par an.
• Installation en Palestine : en 1920, Szold s’installa à Jérusalem pour superviser les activités de Hadassah. Elle devint une figure centrale du Yishouv, la communauté juive pré-étatique en Palestine.
• Youth Aliyah : en 1933, Szold co-fonda Youth Aliyah, un programme visant à sauver les enfants juifs des persécutions nazies en les amenant en Palestine. Ce programme sauva plus de 30 000 enfants, leur offrant éducation et sécurité dans des kibboutzim et villages pour jeunes. Szold supervisa personnellement leur intégration, gagnant un immense respect.
• Leadership : Szold siégea au Va’ad Leumi (Conseil national des Juifs en Palestine), gérant des services sociaux comme l’éducation et le bien-être. Son approche pragmatique permit de surmonter les divisions culturelles et politiques au sein de la communauté juive.
• Érudition juive : Szold était une écrivaine et traductrice prolifique, contribuant à la Jewish Publication Society et éditant l’American Jewish Year Book. Ses travaux rendirent les textes juifs accessibles aux anglophones.
• Droits des femmes : en tant que femme dans des domaines dominés par les hommes, Szold brisa les barrières. Elle milita pour l’éducation et le leadership des femmes, incarnant ces valeurs à travers la structure dirigée par des femmes de Hadassah.
• Humanitarisme : au-delà du sionisme, Szold travailla avec les communautés immigrées aux États-Unis, aidant les Juifs d’Europe de l’Est par le biais de maisons d’accueil et de programmes d’apprentissage de l’anglais. Son approche mettait l’accent sur la dignité et l’autonomie.
• Sacrifices personnels : Szold ne se maria jamais, consacrant sa vie à ses causes. Une brève relation amoureuse avec Louis Ginzberg se termina par un chagrin, mais elle canalisa son énergie dans son travail.
• Style de leadership : connue pour son humilité, son intelligence et son éthique de travail infatigable, Szold fut surnommée « Mère du Yishouv ». Sa capacité à organiser, inspirer et réaliser des projets d’envergure était remarquable.
• Santé et dernières années : Szold continua à travailler jusque dans ses 80 ans malgré une santé déclinante. Elle mourut en 1945 à l’hôpital Hadassah de Jérusalem, entourée de la communauté qu’elle avait contribué à bâtir.
• Institutions : les hôpitaux, écoles et programmes de Hadassah restent des leaders mondiaux. L’organisation médicale Hadassah, par exemple, a été pionnière dans des traitements comme les greffes de moelle osseuse et sert des populations diverses en Israël. • Youth Aliyah : Ce programme continue de soutenir les jeunes à risque, s’adaptant aux défis modernes comme l’immigration et l’intégration sociale.
• Reconnaissance : Szold est honorée en Israël par des institutions comme l’Institut Henrietta Szold pour la recherche éducative. Son nom figure sur des rues, des écoles et des prix, et elle est célébrée comme une icône féministe et sioniste.
• Impact culturel : la combinaison par Szold de rigueur intellectuelle, de justice sociale et de sionisme a inspiré des générations. Son travail a montré comment les femmes pouvaient mener des changements transformateurs, influençant des mouvements au-delà du monde juif.
• 1860 : naissance à Baltimore
• 1909 : visite en Palestine déclenchant son engagement pour la santé et le bien-être.
• 1912 : fondation de Hadassah.
• 1920 : installation à Jérusalem.
• 1933 : co-fondation de Youth Aliyah.
• 1945 : décès à Jérusalem.
Anecdote
Szold aimait apprendre tout au long de sa vie ; elle apprit l’hébreu par elle-même et continua d’étudier des textes jusqu’à un âge avancé, incarnant la valeur juive du tikkoun olam (réparer le monde).
1. Formation au Jewish Theological Seminary (JTS) :
Szold fut l’une des premières femmes à étudier au JTS. Bien qu’elle n’ait pas pu être ordonnée rabbin en raison des restrictions de l’époque sur les femmes, sa présence au JTS marqua une étape importante pour l’inclusion des femmes dans l’érudition juive. Ses études au JTS, axées sur les textes juifs, l’histoire et les langues, renforcèrent son rôle comme intellectuelle respectée dans les cercles massorti.
2. Contributions intellectuelles :
Szold contribua à la Jewish Publication Society (JPS), une organisation liée au judaïsme massorti en traduisant et éditant des textes majeurs, comme Legends of the Jews de Louis Ginzberg. Ces travaux renforcèrent l’accès à la culture et à l’histoire juives pour les communautés massorti anglophones.
En éditant l’American Jewish Year Book, elle documenta la vie juive américaine, y compris les développements du mouvement massorti, renforçant son rôle comme gardienne de la mémoire collective juive.
3. Éducation et leadership féminin :
Szold enseigna dans des écoles liées à des synagogues massorti, notamment à Baltimore, où elle développa des programmes éducatifs pour transmettre la tradition juive tout en intégrant des méthodes modernes. Cela reflétait l’approche massorti de l’éducation, qui valorise la tradition tout en s’adaptant au contexte américain.
En fondant Hadassah en 1912, Szold créa une organisation dirigée par des femmes, ce qui était révolutionnaire dans un mouvement où les femmes n’avaient pas encore pleinement accès à des rôles de leadership religieux. Hadassah attira de nombreuses femmes, renforçant leur engagement dans le sionisme et la philanthropie juive.
4. Sionisme et judaïsme massorti :
Le judaïsme massorti, sous l’influence du JTS et de figures comme Solomon Schechter, adopta le sionisme comme une composante clé de son identité au début du XXe siècle. Szold, en tant que fondatrice de Hadassah et ardente sioniste, joua un rôle déterminant dans cette convergence. Son travail en Palestine, notamment via Hadassah et Youth Aliyah, incarna les valeurs conservatrices d’un judaïsme ancré dans la tradition mais engagé dans la modernité et la justice sociale. Ses efforts pour développer des infrastructures médicales et éducatives en Palestine résonnaient avec l’idéal conservateur de tikkoun olam (réparer le monde).
Son travail avec le JTS et la JPS contribua à façonner l’érudition massorti, tandis que ses initiatives en Palestine renforcèrent le lien entre le judaïsme massorti américain et l’État naissant d’Israël.
En 1916, la mère de Szold meurt, et un ami de la famille, Hayim Peretz, se propose de réciter le Kaddish. Dans une lettre adressée à Peretz, Henrietta Szold le remercie, mais annonce qu’elle le fera elle-même:
« Je sais bien, et j’apprécie ce que vous dites concernant la coutume juive; et la coutume juive m’est très chère et sacrée. Et pourtant, je ne peux pas vous demander de dire le Kaddish pour ma mère. Le Kaddish signifie pour moi que la descendance, publiquement et de façon marquée, manifeste son souhait et son intention d’assumer la même relation avec la communauté juive que celle qu’avaient ses parents et que la chaine de traditions reste ininterrompue de génération en génération, chacune ajoutant son propre lien. Vous pouvez faire cela pour les générations de votre famille. Je dois le faire pour les générations de ma famille»
La réponse de Szold à Peretz est citée dans Les femmes et le Kaddish d’enterrement, un responsum écrit par le rabbin David Golinkin. Ce responsum, adopté unanimement par le Va’ad Halakhah (Comité des lois) de l’assemblée rabbinique d’Israël, permet aux femmes de réciter le Kaddish d’enterrement en public en présence d’un Minian. Szold est religieusement traditionnelle mais prône un rôle plus important pour les femmes dans le judaïsme rabbinique.
Bien que Szold soit profondément ancrée dans le judaïsme massorti, son impact transcende les frontières religieuses. Hadassah, par exemple, attira des membres de toutes les branches du judaïsme (conservateur, réformé, et même orthodoxe). De plus, son engagement humanitaire et sioniste était souvent plus universel que strictement confessionnel, ce qui rend son influence plus large que le seul mouvement conservateur.
Henrietta Szold fut une figure essentielle du judaïsme, non pas en tant que leader religieux formel, mais en tant qu’érudite, éducatrice et organisatrice dont le travail reflétait et renforçait les valeurs massorti. Son rôle au JTS, ses contributions intellectuelles via la JPS, et son leadership dans Hadassah et Youth Aliyah ont fait d’elle une pionnière qui a lié érudition, sionisme et justice sociale, tout en ouvrant des portes pour les femmes dans un mouvement en évolution. Son héritage perdure dans les institutions massorti et au-delà, marquant le judaïsme américain et le sionisme mondial.