Personnalités

Liste de 20 personnalités centrales​

dans l'histoire du mouvement Massorti

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Zacharias Frankel (1801–1875)

Fondateur du judaïsme historico-positif en Allemagne, il a jeté les bases idéologiques du mouvement Massorti en insistant sur la préservation de la tradition tout en permettant des adaptations historiques. Directeur du séminaire juif de Breslau, il a influencé la vision d’une Halakha évolutive.

Sabato Morais (1823–1897)

Bien que dépourvu du titre de rabbin, il en assume les fonctions de 1851 jusqu’à sa mort.
Partisan d’un judaïsme orthodoxe sensible à l’évolution des mœurs de l’époque, il est l’un des pionniers des études du judaïsme italien en Amérique et des fondateurs du Jewish Theological Seminary (JTS) avant que celui-ci ne devienne le fer de lance du judaïsme Massorti.

Heinrich Graetz (1817–1891)

Heinrich Graetz fut un historien juif allemand majeur, surtout connu pour son œuvre monumentale Histoire des Juifs (en allemand : Geschichte der Juden), publiée en 11 volumes entre 1853 et 1876. Il est considéré comme un pionnier de l’historiographie juive moderne.

Tzvi Hirsh Graetz naquit dans une famille de bouchers à Książ-Wielkopolski (Poznań) en Allemagne (aujourd’hui en Pologne), il obtint son doctorat de l’Université d’Iéna. Après 1845 il fut directeur de l’école orthodoxe juive de la communauté de Breslau (aujourd’hui Wrocław, Pologne) et enseigna par la suite l’histoire au Séminaire Théologique juif de Breslau du mouvement Massorti dont il fut cofondateur avec Zecharia Frankel. Son magnum opus, L’Histoire des Juifs, fut vite traduit dans d’autres langues et éveilla dans le monde entier l’intérêt pour l’histoire juive.

Graetz est aussi l’auteur d’une thèse de doctorat intitulée Gnosticisme et Judaïsme. L’intérêt de l’auteur pour la période talmudique et le judaïsme antique est inséparable de ses préoccupations pour des problématiques contemporaines : le monolithisme réel ou supposé des maîtres du Talmud, leur attitude face à la gnose, leur recherche des motivations des préceptes, leurs relations avec d’autres systèmes religieux.

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Solomon Schechter (1847–1915)

Président du Jewish Theological Seminary (JTS) à partir de 1902, il en a fait u centre intellectuel du judaïsme Massorti américain. Fondateur de la United Synagogue of America (1913), il a promu l’idée de « Catholic Israel », où l’autorité repose sur le consensus du peuple juif.

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Henrietta Szold (1860 – 1945)

Elle était une figure majeure de l’histoire juive américaine, du sionisme et du travail humanitaire. Ses contributions ont couvert l’éducation, le bien-être social et la création d’institutions qui continuent d’influencer les communautés juives et mondiales. Szold fut l’une des premières femmes à étudier au  Jewish Theological Seminary , l’institution phare du judaïsme Massorti, fondée en 1886 à New York.

Bien qu’elle n’ait pas pu être ordonnée rabbin en raison des restrictions de l’époque sur les femmes, sa présence au JTS marqua une étape importante pour l’inclusion des femmes dans l’érudition juive. Ses études au JTS, axées sur les textes juifs, l’histoire et les langues, renforcèrent son rôle comme intellectuelle respectée dans les cercles Massorti. Elle incarna l’idéal Massorti d’une érudition rigoureuse combinée à un engagement pratique dans la vie juive.

Louis Ginzberg (1873–1953)

Rabbin Massorti, talmudiste et érudit juif d’origine lituanienne, considéré comme l’une des figures majeures du judaïsme Massorti aux États-Unis au début du XXe siècle.

Né dans une famille religieuse renommée pour sa piété et son érudition, descendant du frère du célèbre Gaon de Vilnius, Ginzberg a combiné une éducation juive traditionnelle avec des études académiques modernes, ce qui a façonné sa vision unique du « judaïsme historique ».

Mordecai Kaplan (1881–1983)

Il était un rabbin, philosophe et éducateur juif influent, largement reconnu comme le fondateur du judaïsme reconstructionniste, un mouvement progressiste du judaïsme qui cherche à adapter la tradition juive aux réalités modernes tout en préservant son essence spirituelle et culturelle. Il étudie au Jewish Theological Seminary (JTS) de New York où il est ordonné rabbin en 1902. Kaplan passe une grande partie de sa carrière au JTS, où il enseigne et développe ses idées. En 1922, il fonde la Society for the Advancement of Judaism (SAJ) à New York, un espace où il met en pratique ses idées reconstructionnistes.

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Abraham Joshua Heschel (1907–1972) 

Abraham Joshua Heschel (1907–1972) était un rabbin, théologien, philosophe et écrivain juif d’origine polonaise, considéré comme l’une des figures spirituelles et intellectuelles les plus influentes du XXe siècle. Abraham Joshua Heschel a joué un rôle fondamental dans le développement et l’enrichissement du mouvement Massorti aux États-Unis, notamment à travers son enseignement, sa théologie et son influence spirituelle au sein du Jewish Theological Seminary (JTS) à New York.

À l’arrivée de Heschel au JTS en 1945, le mouvement était en quête d’une voix spirituelle et intellectuelle capable de renforcer son identité face aux courants réformés (plus libéraux) et orthodoxes (plus traditionalistes). Heschel, avec sa formation Hassidique, son érudition européenne et sa sensibilité moderne, a répondu à ce besoin de manière exceptionnelle.

Né le 11 janvier 1907 à Varsovie, alors rattachée à l’Empire russe, et décédé à New York le 23 décembre 1972. Abraham Joshua Heschel est issu d’éminentes familles hassidiques d’Europe, tant du côté de son père, que par sa mère. Aujourd’hui, Heschel reste une source d’inspiration pour les théologiens, les rabbins, les militants sociaux et les chercheurs. Ses idées sur la justice, la spiritualité et l’émerveillement continuent de résonner dans les discussions sur l’éthique, la religion et les droits humains.

Saul Lieberman (1898–1983)

Saul Lieberman (1898-1983) aussi connu comme rabbi Shaul Lieberman ou le Gra »sh (Gaon Rabbeinu Shaul), est un rabbin et spécialiste du Talmud. Il fut professeur de Talmud au Jewish Theological Seminary of America (JTSA) pendant plus de 40 ans. C’était un éminent érudit juif, spécialiste de la littérature rabbinique, considéré comme l’un des plus grands savants du judaïsme du XXe siècle.

Né à Motol, une petite ville de l’Empire russe (aujourd’hui en Biélorussie), il a consacré sa vie à l’étude, à l’enseignement et à la publication d’œuvres savantes sur le Talmud et les textes rabbiniques. Son approche méthodique, combinant une érudition traditionnelle avec des méthodes académiques modernes, a marqué un tournant dans l’étude des textes juifs. Bien que Lieberman fût personnellement traditionnaliste, parfois même plus proche des sensibilités orthodoxes, il accepta en 1940 le poste de titulaire de la chaire de littérature talmudique au Jewish Theological Seminary (JTS). Il y exerça une influence magistrale, formant des générations de rabbins Massorti et d’universitaires juifs.

Lieberman était extrêmement rigoureux sur le plan de la halakha. Il refusa de participer à certains projets novateurs du mouvement Massorti, en particulier ceux relatifs à l’égalité hommes-femmes dans le rituel. Il s’opposa, par exemple, à l’ordination de femmes rabbins – une décision que le JTS ne prendra qu’en 1985, deux ans après sa mort.

Louis Finkelstein (1895–1991)

Il fut l’une des figures les plus influentes du judaïsme Massorti américain au XXe siècle. Rabbin, érudit et leader institutionnel, il a marqué de manière décisive le développement intellectuel, théologique et organisationnel du mouvement.

Né à Cincinnati (Ohio), Finkelstein fit ses études au City College of New York, puis au Jewish Theological Seminary of America (JTS), où il fut ordonné rabbin en 1919. Il y obtint également un doctorat et y enseigna jusqu’à devenir chancelier, rôle qu’il occupa de 1940 à 1972. Finkelstein transforma le Jewish Theological Seminary en une institution centrale du judaïsme Massorti. Sous sa direction, le JTS devint non seulement un séminaire rabbinique, mais aussi un centre académique reconnu internationalement pour l’étude du judaïsme. Il y fonda notamment l’Institute for Religious and Social Studies, favorisant le dialogue interreligieux, notamment avec des chrétiens et des musulmans.

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Marshall Meyer (1930-1993)

Le rabbin Marshall Meyer est sans aucun doute le fondateur du mouvement Massorti  en Amérique latine, et plus précisément en Argentine, où il a exercé une influence décisive à partir des années 1960. Fondateur du Seminario Rabínico Latinoamericano (1962) établi à Buenos Aires, ce séminaire a formé des rabbins hispanophones, renforçant le judaïsme Massorit en Argentine, en Amérique latine, et au-delà. Leader de Comunidad Bet El, il a fait de cette synagogue un modèle pour les congrégations Massorti, intégrant culte égalitaire, éducation, et engagement communautaire. Pendant la « guerre sale » en Argentine (1976–1983), il a dénoncé les abus du régime militaire, visité des prisonniers politiques, et sauvé des centaines de vies. En 1983, il est nommé par le président Raúl Alfonsín, à enquêter sur les disparitions forcées. Il a reçu l’Ordre du Libérateur Général San Martín, la plus haute distinction argentine, pour son courage et son impact.

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Chaïm Potok (1929–2002)

Potok est né dans une famille juive orthodoxe d’origine polonaise. Ses parents, très religieux, étaient des immigrants hassidiques arrivés aux États-Unis. Dès son jeune âge, il démontre un talent pour l’écriture et la peinture, bien que ces activités soient mal vues dans le monde orthodoxe très fermé où il évolue.
Il obtient un diplôme de philosophie et littérature anglaise à la Yeshiva University et reçoit ensuite une ordination rabbinique du Jewish Theological Seminary (JTS) à New York.  Il obtient également un doctorat en philosophie à l’Université de Pennsylvanie.

Chaïm Potok est surtout célèbre pour ses romans initiatiques où de jeunes juifs américains confrontent la tradition religieuse stricte à la modernité intellectuelle, artistique ou scientifique. Ses œuvres se caractérisent par leur profondeur psychologique, leur usage du dialogue socratique, et une grande richesse spirituelle et philosophique.

Louis Jacobs (1920–2006)

Théologien et auteur britannique de renom, considéré comme l’une des figures les plus influentes du judaïsme britannique du XXe siècle. Né à Manchester, Jacobs a reçu une éducation juive traditionnelle dans les yeshivot de Manchester et de Gateshead, où il a été ordonné rabbin en 1943. Il a ensuite poursuivi des études universitaires à l’University College London, obtenant un doctorat sur la vie économique des juifs en Babylonie entre 200 et 500 de notre ère. Jacobs a servi comme rabbin à la Central Synagogue de Manchester en 1948, puis à la New West End Synagogue de Londres en 1954. Il est devenu tuteur moral au Jews’ College de Londres, où il a enseigné le Talmud et l’homilétique. Cependant, ses tentatives de concilier la foi juive orthodoxe avec la critique biblique moderne, notamment à travers son livre We Have Reason to Believe publié en 1957, ont suscité des controverses. Ce livre remettait en question l’origine divine directe de la Torah, suggérant qu’elle pouvait être le produit d’une révélation divine médiée par des auteurs humains . 

Jacob Milgrom (1923-2010)

Né en 1923 à Brooklyn, il fut ordonné rabbin au JTS et poursuivit une brillante carrière universitaire à Berkeley où il dirigea le département des études orientales.

Il est considéré comme le « mâitre du Lévitique », le plus grand spécialiste au monde du livre du Lévitique auquel il consacra de nombreuses études et publia un commentaire célèbre en trois volumes pour la prestigieuse édition Anchor Bible Commentary Series. Il commenta également le livre des Nombres pour la célèbre édition JPS (Jewish Publication Society).

Il était particulièrement passionné par les lois rituelles du judaïsme qu’il essaya toute sa vie de comprendre et de remettre dans leur contexte historique tout en montrant l’intérêt de leur étude aujourd’hui.

Moshe Greenberg (1928-2010)

Chercheur et professeur en études bibliques, rabbin Massorti dont l’œuvre a été couronnée en 1994 par le prestigieux Prix Israël, la plus haute distinction israélienne pour les sciences et les lettres.

Il est le maître d’une génération de chercheurs biblistes israéliens.

David Weiss Halivni (1927–2022)

Rabbin américano-israélien, survivant de la Shoah, considéré comme une autorité dans le domaine des recherches sur le Talmud. Il est déporté en 1944 par les nazis à Auschwitz. Libéré en 1945, il est le seul survivant de sa famille. En 1947, il émigre aux États-Unis avec un groupe de jeunes réfugiés orphelins. Peu de temps après, il rencontre l’érudit talmudiste Saül Lieberman qui deviendra son maître. Étudiant un temps à la Yechivah Hayim Berlin à New York, où sa virtuosité en Talmud est reconnue, il décide de poursuivre des études laïques universitaires en plus de ses études talmudiques. Il obtient une maîtrise en philosophie et un doctorat en Talmud qu’il soutient au Jewish Theological Seminary of America de New York.

Pendant une trentaine d’années, David Halivni poursuit son enseignement et ses recherches sur le Talmud de Babylone au Jewish Theological Seminary

David Halivni est l’auteur d’un ouvrage majeur en hébreu, ouvrage d’une vie consacrée au Talmud, intitulé מקורות ומסורות Meqorot ou-Messorot, (Sources et traditions). Sept volumes sont actuellement parus. David Halivni est aussi l’auteur d’ouvrages un peu plus accessibles en anglais, notamment Midrash, Mishnah and Guemara (traduit en français), Pshat and DerashRevelation restoredBreaking the Tablets (traduit en français) et une autobiographieThe Book and the Sword (traduit en français).

Alice Shalvi (1926–2023) :

Figure majeure du féminisme religieux en Israël, Alice Shalvi était une éducatrice engagée et une pionnière dans la promotion de l’égalité des sexes au sein du judaïsme. Son parcours illustre une quête constante de justice sociale et d’inclusion, notamment à travers son engagement dans le mouvement Massorti.

Née à Essen, en Allemagne, dans une famille juive orthodoxe, elle émigre au Royaume-Uni en 1934 pour fuir le nazisme. Elle étudie la littérature anglaise à l’université de Cambridge, puis le travail social à la London School of Economics. En 1949, elle s’installe en Israël et rejoint le département d’anglais de l’université hébraïque de Jérusalem, où elle obtient un doctorat en 1962.

Déçue par le manque de progrès en faveur des femmes dans le judaïsme orthodoxe, Alice Shalvi rejoint le mouvement Massorti  dans les années 1980. Elle devient rectrice, puis présidente du Schechter Institute of Jewish Studies à Jérusalem, centre académique majeur du judaïsme Massorti.

Israel Lee Levine (Né en 1939)

Formé comme rabbin Massorti aux Etats Unis, professeur émérite d’histoire juive et d’archéologie à l’Université hébraïque de Jérusalem, Israel Lee Levine est une figure clé du mouvement Massorti en Israël. Il a fondé l’Institut Schechter d’Études Juives à Jérusalem en 1984, une institution centrale pour la formation rabbinique et l’éducation juive dans le mouvement Massorti, promouvant une approche érudite et pluraliste du judaïsme. Ses travaux académiques, notamment sur l’histoire du judaïsme antique, les synagogues anciennes, et l’interaction entre judaïsme et hellénisme, ont enrichi la compréhension historico-positive du mouvement.


Parmi ses publications majeures, on compte The Ancient Synagogue: The First Thousand Years (2000), Jerusalem: Portrait of the City in the Second Temple Period (2002), et Visual Judaism in Late Antiquity (2012), qui combinent archéologie, textes rabbiniques, et analyse historique. Levine a également contribué à renforcer les liens entre l’érudition académique et la pratique religieuse Massorti, notamment à travers son rôle à l’Institut Schechter, où il a promu l’éducation juive et le sionisme. Il fut entre autres l’initiateur du courant éducatif TALI. Son travail a eu un impact international, consolidant la présence du mouvement Massorti en Israël et dans la diaspora.

David Golinkin (né en 1955)

Leader halakhique et éducatif en Israël, président et recteur émérite de l’Institut Schechter d’Études Juives à Jérusalem, il est une autorité halakhique majeure du mouvement Massorti israélien. Pendant 20 ans, il a présidé le Va’ad Halakha de l’Assemblée Rabbinique en Israël, publiant de nombreuses responsa qui guident la pratique Massorti.

Fondateur de l’Institute of Applied Halakhah et du Center for Women in Jewish Law, il a promu l’égalité des genres et une approche moderne de la Halakha. Auteur ou éditeur de 65 livres et plus de 250 responsa, articles et sermons, il a renforcé l’éducation juive via le réseau TALI et Midreshet Schechter. En 2014, le Jerusalem Post l’a nommé parmi les 50 Juifs les plus influents au monde, et en 2022, il a reçu le prix Bonei Zion pour ses contributions à l’éducation en Israël.

Rivon Krieger

Rivon Krygier (né en 1957)

Figure centrale du mouvement Massorti en France ayant joué un rôle déterminant dans son implantation et son développement depuis les années 1990. En 1991, il fonde la communauté  Adath Shalom qu’il guidera  jusqu’en 2025.  Il fut aussi l’initiateur de lEcole Juive Moderne (EJM). Rivon Krygier a joué un rôle clé dans la diffusion des idées Massorti en France à travers ses nombreuses publications et traductions. Il a également enseigné la pensée juive dans des institutions catholiques (Centre Sèvres, Institut Catholique de Paris, Collège des Bernardins) et a reçu le Prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France en 2013 pour son engagement dans le dialogue interreligieux.

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