Un récit mêlant enquête personnelle et mémoire familiale : l’auteure découvre une carte postale anonyme mentionnant ses aïeux juifs morts à Auschwitz, la poussant à replonger dans l’histoire de ses origines. À la croisée du roman vrai, de l’essai familial et de l’histoire, ce livre questionne la transmission de la judéité dans la vie contemporaine.
La carte postale, à laquelle le titre fait référence, arrive dans la boîte aux lettres des parents d’Anne Berest le 6 janvier 2003. Anonyme, elle représente d’un côté l’Opéra Garnier, et, de l’autre, et les prénoms des grands-parents de sa mère, de sa tante et de son oncle, morts en déportation à Auschwitz en 1942 : Ephraïm, Emma, Noémie et Jacques.
Une vingtaine d’années plus tard, Anne Berest part à la recherche de la personne qui leur a envoyé cette carte postale. L’autrice mène l’enquête, avec l’aide de sa mère, en explorant toutes les hypothèses. Elle fait appel à un détective privé et à un criminologue, interroge les habitants du village où sa famille a été arrêtée, et met en œuvre tous les moyens à sa disposition pour remonter la piste de l’expéditeur mystérieux. Après quatre ans de recherche, elle parvient, de façon inattendue et inespérée, à identifier l’auteur de cette carte postale.
À travers cette enquête qui remonte jusqu’au début du XXe siècle, Anne Berest retrace le destin romanesque de ses ancêtres les Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine, et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre. Seule sa grand-mère Myriam échappa à la déportation.
Le livre est à la fois une enquête, un récit romanesque et une quête initiatique sur la signification du mot « Juif » dans une vie laïque.
Dans ce récit intime et familial appartenant au genre littéraire dit du « roman vrai », Anne Berest raconte, témoigne et analyse des situations vécues par des personnes réelles et des événements ayant véritablement existé.
La carte postale, sujet et titre du livre, existe et a vraiment été envoyée par La Poste de façon anonyme au domicile des parents d’Anne Berest. Dans la vraie vie, la romancière a mené l’enquête avec sa mère, rencontré un détective privé et un graphologue spécialiste des écritures anonymes, en prenant des notes au fur et à mesure de son enquête en vue d’écrire un livre. L’enquête a duré quatre ans, sans que la romancière ne sache à l’avance si elle parviendrait à résoudre son énigme, contrairement à l’écriture classique d’un roman policier.
La Carte postale s’appuie sur un important travail de recherches documentaires et d’archives mené par sa mère Lélia Picabia pendant une vingtaine d’années.
La Carte postale reçoit un accueil critique majoritairement très positif de la part des médias spécialisés.
D’après le journal l’Express en date du 6 décembre 2021, La Carte postale rencontre un grand succès auprès du public et figure parmi les meilleurs ventes de la rentrée littéraire 2021, aux côtés des lauréats des prix littéraires et autres best-sellers[3].
Selon l’émission Le Masque et la Plume sur France Inter, La Carte postale est « l’un des très grands livres de la fin d’année 2021[4].