Michel Boujenah (1956)

Né à Tunis en 1952 dans une famille juive tunisienne francophone. Arrive en France à l’âge de 11 ans, pendant l’exode des juifs de Tunisie post-indépendance. Il garde un lien affectif très fort avec la Tunisie et la culture judéo-arabe. Son œuvre est profondément nourrie par cette double appartenance : juif tunisien et Français, méditerranéen et parisien, enraciné et déraciné.

Son premier grand succès est « Albert » (1985), un spectacle construit autour d’un personnage tendre et un peu simplet qui raconte sa famille juive tunisienne. « Moi j’ai une famille merveilleuse : des frères, des cousins, des oncles… mais personne ne se parle. »

Puis suivent d’autres spectacles, toujours articulés autour de la famille juive sépharade, souvent dans un appartement parisien ou un souvenir d’enfance à Tunis. Les personnages sont attachants, exagérés, drôles et profondément humains : le père silencieux, la mère possessive, les oncles fous, les cousins menteurs.

Bien qu’il ne se présente pas comme pratiquant, Boujenah exprime un attachement profond au judaïsme comme culture, éthique, et mémoire.« Être juif, ce n’est pas que croire en Dieu, c’est croire en ses parents. » Il parle souvent de la Shoah, de la Tunisie, de la difficulté d’aimer deux pays à la fois, et de la force morale de l’humour juif face à la douleur.

Extraits de ses spectacles

« Mon père, il parlait peu. Il disait que les mots, c’est comme les olives : quand tu en manges trop, tu es malade. »

« Quand j’étais petit, ma mère disait : “Michel, ne bouge pas, tu vas transpirer.” C’est le pire conseil de vie. »

« Être juif, ce n’est pas une religion, c’est une mémoire. »

Anthologie choisie des textes et citations de Michel Boujenah :

« Moi, j’ai une famille merveilleuse : des frères, des cousins, des oncles… Personne ne se parle. Mais on s’aime quand même. C’est ça, l’amour juif. »

« Ma mère, c’était une femme extraordinaire. Elle pouvait te faire culpabiliser avec un regard. Même à 3 000 kilomètres. »

« À la maison, tout était sacré : le couscous du vendredi, les insultes affectueuses, et le silence de mon père. »

« Être juif, ce n’est pas seulement croire en Dieu. C’est croire en ses parents, ses grands-parents, et ceux qui ne sont plus là. »

« Je ne suis pas un juif religieux. Mais je suis un juif fervent. J’ai la foi dans ce que je transmets. »

« Ma judaïté, c’est une étoile qu’on m’a cousue dans le cœur, pas sur une veste. »

« J’ai quitté la Tunisie à 11 ans. On a tout laissé derrière nous, sauf nos histoires. C’est ça, l’exil juif : partir sans rien, mais avec tout. »

« À Paris, on parlait français. Mais dans ma tête, ça parlait arabe, ladino, hébreu, tout en même temps. »

« J’ai grandi entre deux mondes : la France des lumières et la Tunisie du soleil. Et j’ai fait de ça une lumière intérieure. »

« Mon père ne parlait jamais de la Shoah. Mais parfois, son silence faisait plus de bruit qu’un discours. »

« Être juif, c’est rire pour ne pas hurler. On porte en nous une douleur ancienne, et pourtant, on fait rire le monde entier. »

« La mémoire, c’est notre terre. Même ceux qui sont morts vivent encore en nous. »

« L’humour juif, c’est un parapluie dans un désert. Ça sert à rien, mais tu le prends quand même. »

« Les goyim, ils rient avec le ventre. Nous, on rit avec le cœur, les nerfs, les poumons, et l’histoire. »

« Quand on n’a pas d’armes, on a l’humour. C’est pour ça que les juifs sont drôles. Pour ne pas devenir fous. »

« Je suis juif, Français, Tunisien. Et je le vis comme une richesse, pas un conflit. »

« On peut aimer Israël sans détester les autres. On peut vouloir la paix sans renier sa vérité. »

« La seule chose qui peut nous sauver, c’est la tendresse. Même dans l’humour. Surtout dans l’humour. »