Sefer ha-Bedicha ve-ha-Chidud (Livre des blagues et de l'esprit)

Alter Drouyanov , Sefer ha-Bedicha ve-ha-Chidud (Livre des blagues et de l’esprit), publié en 1922 en Hebreu et partiellement traduit en Yiddish et en Anglais] est une anthologie majeure de l’humour juif en hébreu et un ouvrage pionnier dans la littérature humoristique hébraïque moderne.

Alter Drouyanov [1870-1938), était un écrivain, éditeur, traducteur, folkloriste, journaliste, historien du sionisme précoce et activiste sioniste juif d’origine russe. Né à Druya, dans la région de Vilna (alors Empire russe, aujourd’hui Biélorussie), dans une famille aisée d’un rabbin hassidique et marchand, Eliakim Pesach (Hetzel Yankelevich), il a grandi dans un milieu imprégné de tradition juive. Il a étudié dans des écoles religieuses, notamment à la yeshiva de Volozhin, sous la direction de figures éminentes comme R. Hirsh Leyb Berlin et Khayim Soloveitchik, avant de s’intéresser à des études séculaires et au journalisme.

Druyanov écrivait en hébreu et en yiddish, et son pseudonyme dérive de sa ville natale, Druya (translittéré diversement comme Druyanow, Drujanow, etc.). Il est surtout connu pour son ouvrage Sefer ha-Bedicha ve-ha-Chidud (Livre des blagues et de l’esprit), publié en 1922, une anthologie en trois volumes regroupant plus de 3 000 histoires humoristiques juives, qui reflète l’humour comme un moyen d’évasion et d’élévation pour la communauté juive face aux défis de l’époque. Il considérait l’humour juif comme une manière de « s’échapper de la réalité » et d’exalter l’ego face aux adversités.

Druyanov s’installa définitivement en Palestine en 1921, après plusieurs séjours, notamment en 1903 et 1906. À Tel Aviv, où il mourut en 1938, il vécut au 31 Melchet Street, une maison appartenant à sa fille, et une plaque commémorative y rend hommage à son héritage. Il a également contribué à des périodiques comme Ha-Melitz dès 1890 et a été rédacteur adjoint occasionnel du journal Haaretz. Ses écrits couvrent des genres variés : feuilletons, essais critiques, articles sur des sujets d’intérêt public et études sur la littérature et le folklore juifs.

Son travail, notamment sur l’humour et le folklore, a laissé une marque durable dans la culture juive, et ses publications sont toujours étudiées et rééditées, comme l’édition française Le rire de Chelm (2017), qui compile des plaisanteries sur la ville polonaise mythifiée pour sa « bêtise » dans le folklore juif.