Quelques clés pour comprendre Tou BeAv

Ces dernières années, Tou BeAv est devenu la « fête de l’amour », une sorte de version juive de la Saint-Valentin. Mais pourquoi ?
 

La célèbre Michna du traité Ta’anit (4, 6) affirme :

« Il n’y avait pas de jours plus heureux pour Israël que le 15 Av et le jour de Kippour. En ces jours, les filles de Jérusalem sortaient vêtues de blanc, dans des vêtements empruntés, afin de ne pas faire honte à celles qui ne possédaient pas de beaux habits […] Les filles de Jérusalem sortaient et dansaient dans les vignes. »

Le 15 Av est ici placé au même rang que Yom Kippour. Le Talmud s’interroge donc : qu’est-ce qui rend Tou BeAv si important? Pourquoi cette date a-t-elle bénéficié d’une telle considération ?

Parmi les six réponses proposées à cette question, les deux premières sont les suivantes : « C’est le jour où les tribus furent autorisées à s’unir entre elles par le mariage » et « le jour où la tribu de Benjamin fut autorisée à réintégrer la communauté des autres tribus par le mariage ».

Même sans connaître le contexte biblique de ces réponses — la première fait référence à l’histoire des filles de Tselof’had dans le livre de Bamidbar, les Nombres, et la seconde à l’épisode de la concubine de Guiv’a dans le livre des Juges —, on perçoit clairement que l’accent n’est pas mis sur les relations amoureuses ou le romantisme, mais sur les liens qui unissent les différentes composantes du peuple.

Il est donc tout à fait approprié que, cinq jours après le jeûne commémorant la destruction du Temple — une destruction traditionnellement attribuée aux divisions et à la haine gratuite —, nous célébrions une fête symbolisant exactement le contraire.

Bien entendu, rien ne vous empêche d’offrir ce jour-là un bouquet de fleurs à la personne que vous aimez. Mais il convient de se rappeler que ce n’est pas l’unique signification de cette journée particulière du calendrier hébraïque. Nous devrions également nous consacrer à réparer les fractures entre les différents groupes qui composent la société israélienne et tenter de nous rapprocher les uns des autres avec curiosité et respect.

Texte original publié sur le site de l’Institut Schechter

 

A propos de l’autrice:

La Dre Gila Vachman enseigne le Midrach à l’Institut Schechter des études juives. Elle coordonne également le programme Torah Lishmah du Séminaire rabbinique Schechter, organisé à Neve Schechter, à Tel-Aviv.

Elle a obtenu, avec la plus haute distinction, une licence en Talmud et en littérature hébraïque, ainsi qu’un master en Midrach et Aggada. Elle est également titulaire d’un doctorat de l’Université hébraïque de Jérusalem, où elle enseigne le Midrach et l’Aggada.

Née au kibboutz Yavné, elle est mariée, mère de trois enfants et réside à Jérusalem.

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